États-Unis : John Brennan défend les frappes de drones

John Brennan John Brennan  Photo :  PC/Manuel Balce Ceneta

Le successeur pressenti de David Petraeus à la tête de la CIA, John Brennan, a défendu jeudi les frappes de drones à l'étranger, lors de son audition devant le comité du Renseignement du Sénat.

M. Brennan a dirigé pendant quatre ans la lutte antiterroriste à la Maison-Blanche. Il a orchestré et supervisé les frappes de drones au Pakistan, en Somalie et au Yémen, qui se sont intensifiées sous la présidence de Barack Obama.

« Nous ne recourons à de telles actions qu'en dernier recours, pour sauver des vies là où il n'y a pas d'autre alternative pour réduire cette menace », a-t-il plaidé. Il a insisté pour souligner que l'administration s'efforçait de minimiser les victimes civiles.

Cependant, il a admis que la CIA devrait communiquer et faire preuve de plus d'ouverture au sujet de ces programmes clandestins.

L'audition de M. Brennan a été perturbée à plusieurs reprises par les opposants aux frappes de drones.

« Pakistan, Yémen, Somalie, et où encore? Ils ne disent même pas au Congrès quels pays ils bombardent », a dénoncé une femme avant d'être évacuée par les policiers.

M. Brennan a dit comprendre les « désaccords » avec le programme d'éliminations ciblées par des drones. Cette opposition est « saine et est une composante nécessaire de la vie démocratique », a-t-il fait valoir.

Le futur chef de la CIA, qui a coordonné une « liste de personnes à abattre » appartenant à Al-Qaïda, a expliqué qu'il « il y a une mauvaise impression chez certains Américains qui croient que nous recourons à ces frappes pour punir des terroristes pour des actes passés. Rien n'est plus éloigné de la vérité ».

Le recours aux drones est contesté par les organisations des droits de l'homme depuis plusieurs années aux États-Unis. Cette pratique suscite le débat dans la presse, qui s'interroge sur l'effet des frappes sur l'opinion des populations locales vis-à-vis des États-Unis et sur leur pertinence.

La veille de l'audition, la Maison-Blanche avait demandé pour la première fois au département de la Justice d'autoriser les commissions du Renseignement des deux chambres du Congrès à consulter une note qui définit les bases juridiques pour l'usage de drones contre des ressortissants américains soupçonnés de terrorisme.

John Brennan, 57 ans, a occupé de hautes fonctions au sein de la CIA sous l'administration de George W. Bush. Il y a travaillé pendant 25 ans.

S'il reçoit l'aval du Sénat, M. Brennan succédera à l'ex-général David Petraeus, contraint de démissionner en novembre après la révélation d'une liaison extraconjugale.

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