La crise malienne

Mali : Kidal massivement bombardée par l'armée française

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Des soldats français patrouillent dans les rues de Gao, au Mali. Des soldats français patrouillent dans les rues de Gao, au Mali.  Photo :  AFP/SIA KAMBOU

L'armée française a procédé dans la nuit de samedi à dimanche à un bombardement massif dans la région de Kidal, notamment dans la zone de Tessalit, dans l'extrême nord-est du Mali, près de la frontière algérienne.

Selon le porte-parole de l'état-major des armées françaises, le colonel Thierry Burkhard, les bombardements visaient « des dépôts logistiques et des centres d'entraînement » des groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda.

Cette vaste zone de montagnes et de grottes autour de Kidal est présentée par les experts comme le refuge d'une bonne partie des chefs et des combattants des groupes islamistes.

Elle est située non loin du massif des Ifoghas, où seraient détenus les sept otages français au Sahel, selon les autorités françaises.

Le président français, qui a effectué une visite éclair au Mali, a lancé une mise en garde aux ravisseurs, leur indiquant qu'il était temps pour eux de libérer les otages.

Arrestation du numéro trois d'Ansar Dine

Des sources militaires maliennes ont également fait état de combats avec des hommes d'Ansar Dine (Défenseurs de l'islam) dans la région de Kidal, où le numéro trois du groupe, Mohamed Moussa Ag Mouhamed, a été arrêté dimanche.

« Mohamed Moussa Ag Mouhamed, celui qui ordonnait de couper les mains [à Tombouctou], a été arrêté par un groupe armé. Il est conduit vers Kidal », a annoncé une source de sécurité malienne jointe depuis Gao.

Des hélicoptères d'assaut et des avions de transport de troupes français ont quitté Gao pour renforcer les contingents de la France et du Tchad stationnés à l'aéroport de Kidal, ont indiqué des sources militaires maliennes.

La ville de Kidal est toujours sous le contrôle des Touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), qui s'y sont installés après la fuite des combattants d'Ansar Dine.

Après le coup d'État militaire en mars dernier, le MNLA s'est emparé du nord du Mali avant d'être évincé par ses alliés islamistes d'Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), du Mujao et d'Ansar Dine.

L'intervention française avait commencé le 11 janvier au lendemain d'une offensive en direction du sud du Mali menée par les groupes islamistes armés qui occupaient le Nord depuis dix mois. La veille, ils avaient pris la ville de Konna, au centre du pays. Les forces maliennes et françaises ont depuis repris une grande partie du centre et du nord du pays.

Accusation d'exactions et de massacres

Un mouvement représentant les Arabes du nord du Mali, le Front islamique arabe de l'Azawad, a par ailleurs appelé dimanche ses militants et ses cadres à la « mobilisation générale » dans les camps de réfugiés en Mauritanie, afin de « gérer la crise que traversent les populations » originaires de ces régions.

À l'instar de l'ONU, d'Amnesty International et d'autres ONG, le groupe dénonce les « graves exactions, massacres dont sont victimes les populations civiles nomades (Arabes, Touareg et Peuls) », selon lui perpétrés par l'armée marlienne « dans le sillage de l'avancée des troupes françaises ».

Les autorités de Bamako rejettent ces accusations.

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