Le monde arabe en mutation

La Syrie fustige Israël pour le raid aérien, reconnu par l'État hébreu

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Bachar Al-Assad lors d'un entretien le 3 février avec Saïd Jalili, qui préside le Conseil national iranien de sécurité Bachar Al-Assad lors d'un entretien le 3 février avec Saïd Jalili, qui préside le Conseil national iranien de sécurité  Photo :  AFP

Le président syrien Bachar Al-Assad a accusé Israël de vouloir « déstabiliser » la Syrie, après le raid aérien survenu mercredi en territoire syrien, reconnu implicitement par le ministre israélien de la Défense Ehoud Barak.

Cette attaque, qui a été menée selon Damas contre un complexe de recherche scientifique à Jomraya, « dévoile le véritable rôle joué par Israël, en collaboration avec les forces étrangères ennemies et leurs agents sur le sol syrien, pour déstabiliser la Syrie et l'affaiblir », a déclaré Bachar Al-Assad lors d'un entretien avec un haut responsable iranien, Saïd Jalili, rapporte l'agence officielle Sana.

Ehoud Barak, ministre israélien de la Défense lors de la Conférence internationale sur la sécurité à Munich Ehoud Barak, ministre israélien de la Défense lors de la Conférence internationale sur la sécurité à Munich  Photo :  AFP/CHRISTOF STACHE

À Munich, en marge des travaux de la Conférence internationale sur la sécurité, le ministre israélien de la Défense confirmait implicitement dimanche ce raid aérien en sol syrien.

« Ce qui s'est passé il y a quelques jours [...] montre que quand nous disons quelque chose, nous nous y tenons. Nous avons dit que nous ne pensons pas qu'il doit être permis que des systèmes d'arme perfectionnés soient transférés au Liban », a précisé Ehoud Barak.

Selon des diplomates, des rebelles syriens et des sources proches de la sécurité, des avions israéliens ont bombardé mercredi un convoi en Syrie près de la frontière libanaise qui servait à transporter des armes destinées au mouvement chiite libanais du Hezbollah. Des sources américaines ont aussi confirmé au New York Times cette semaine que l'aviation israélienne a effectué des bombardements à l'intérieur du territoire syrien. Le gouvernement israélien n'avait pas commenté jusque-là ces informations.

Damas a nié ces informations, déclarant que la cible du raid était un centre de recherches militaires au nord-ouest de la capitale. Damas a aussi menacé jeudi Israël d'une riposte « surprenante ».

Le raid mené par l'aviation israélienne a été condamné par la Russie et l'Iran alors que le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s'est dit « gravement préoccupé » et a appelé au respect de la souveraineté des États.

Par ailleurs, toujours à Munich, l'opposition syrienne a mené pour la première fois des contacts avec les deux principaux alliés de Damas, la Russie et l'Iran, qui ont tous deux salué la volonté de la Coalition de mener un dialogue, sous conditions, avec le régime syrien.

Le conflit qui oppose les forces du régime syrien aux rebelles a fait a fait quelque 60 000 morts depuis 22 mois.

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