Dernier jour de travail pour Hillary Clinton

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Hillary Clinton lors d'une conférence de presse à Washington, en novembre 2012 Hillary Clinton  Photo :  PC/AP/Manuel Balce Ceneta

La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton quitte le pouvoir ce soir et cède son poste au sénateur du Massachusetts John Kerry. Mme Clinton est au sommet de sa popularité, après avoir vanté la diplomatie américaine partout dans le monde pendant quatre ans.

À l'heure de vanter son bilan, l'avocate de 65 ans, qui fut première dame, sénatrice et candidate aux primaires démocrates pour la présidentielle de 2008, s'est offert un concert de louanges à l'occasion de multiples réceptions d'adieux, de conférences, d'entretiens avec la presse et même d'une interview commune avec Barack Obama, qui l'a décrite comme « une des meilleures secrétaires d'État » de l'histoire des États-Unis.

Hier, la secrétaire d'État a confié, dans son dernier discours, qu'elle avait « le coeur lourd » à l'idée de laisser une administration de 70 000 personnes. Elle s'est dite « extrêmement fière d'avoir été un porte-voix indispensable de la nation, d'une Amérique aujourd'hui plus forte à l'intérieur de ses frontières et mieux respectée dans le monde grâce à une manière différente de faire de la diplomatie. »

Elle a rappelé l'héritage du président George W. Bush lorsque Barack Obama lui a confié le département d'État en janvier 2009 : « deux guerres, une économie en chute libre, des alliances effilochées, une stature diplomatique abîmée et beaucoup d'interrogations dans le monde sur les valeurs de l'Amérique. »

Hillary Clinton s'en va en étant plus populaire que le président américain, avec 69 % d'opinions favorables, sans répondre à la seule question que tout le monde se pose : vous lancerez-vous dans la course à la présidentielle de 2016?
La secrétaire d'État peut se targuer d'avoir revitalisé la diplomatie américaine, consolidé ses alliances et apporté sa contribution aux retraits d'Irak et bientôt d'Afghanistan, à l'élimination de Ben Laden, à l'intervention en Libye, au soutien au printemps arabe, à l'isolement de la Corée du Nord et de l'Iran, au rééquilibrage des échanges avec l'Asie et au resserrement des liens avec l'Europe, l'Amérique latine et l'Afrique.

Les dossiers que Hillary Clinton laisse à John Kerry

La Syrie
Après 22 mois de conflit et au moins 60 000 morts, « les pires prédictions sur ce qui pourrait arriver, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Syrie, font maintenant partie des possibilités », a déploré Hillary Clinton, assurant avoir fait « depuis deux ans tout ce qu'il était possible de faire ». Elle a accusé l'Iran d'« accroître son soutien au régime et aux forces armées du président syrien Bachar Al-Assad en envoyant davantage de personnel et [...] d'armement ». Elle a également montré du doigt la Russie, qui « continue de fournir une assistance financière et militaire » à Damas.

L'Iran
Pour tenter de résoudre le casse-tête du programme nucléaire iranien, Hillary Clinton est favorable à la poursuite de la stratégie américaine dite de la « double voie », qui consiste à imposer des sanctions économiques de plus en plus dures àTéhéran tout en essayant de l'amener à la table des négociations. Toutefois, « je ne pense pas que la fenêtre puisse rester ouverte beaucoup plus longtemps », a-t-elle prévenu, sans fixer d'ultimatum aux Iraniens.

La Corée du Nord
La menace par Pyongyang d'un nouvel essai nucléaire en signe de défi aux États-Unis constitue « le dossier prioritaire et vraiment inquiétant qui sera sur le bureau de John Kerry à son arrivée lundi », a jugé Mme Clinton. Elle s'est félicitée que les États-Unis aient été « rejoints par la Russie et la Chine pour imposer, au Conseil de sécurité de l'ONU, des sanctions renforcées contre la Corée du Nord ».

Le Mali
Les États-unis ont pris conscience, depuis l'attentat contre leur consulat à Benghazi en Libye le 11 septembre 2012, de la puissance des islamistes armés en Afrique du Nord et sub-saharienne, surtout d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), et s'inquiètent au sujet du trafic d'armes dans toute la région. « C'est vraiment pour nous l'occasion de réunir autour d'une table les pays d'Afrique du Nord, d'Afrique sub-saharienne, d'Europe et du Golfe, afin d'accroître nos efforts coordonnés », a proposé Mme Clinton. Au Mali, où les Américains soutiennent l'action française mais refusent d'intervenir militairement, la secrétaire d'État sortante s'est félicitée de la « formation d'une coalition internationale ».

L'Afghanistan
Le retrait militaire américain d'Afghanistan fin 2014 sera l'un des dossiers épineux du second mandat de Barack Obama, et Hillary Clinton s'est engagée à continuer de se battre pour la condition des femmes, l'une des grandes causes qu'elle a défendues à la tête de la diplomatie américaine. « Le bien-être des femmes et des filles en Afghanistan continue d'être une source d'inquiétude pour les États-Unis », a mis en garde Mme Clinton, annonçant qu'elle resterait coprésidente du Conseil américano-afghan pour les femmes, basé à Washington.

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