Le monde arabe en mutation

Damas menace de riposter de « manière surprenante » à l’attaque israélienne

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Le reportage de Luc Chartrand

Le raid israélien contre une cible syrienne mercredi à la frontière libanaise fait craindre une escalade dans la région. La Syrie, par la voix de son ambassadeur à Beyrouth, a déclaré qu'elle pourrait riposter « de manière surprenante » à l'attaque israélienne. Ali Abdoul Karim Ali a été cité par un site Internet proche du Hezbollah.

Plus de 24 heures après l'attaque, les informations demeurent contradictoires sur la nature de la cible.

La Syrie a convoqué jeudi le chef de la force des Nations unies déployée sur le plateau du Golan pour protester officiellement contre le bombardement israélien.

Damas affirme que la frappe a été dirigée contre un centre de recherches près de Damas et qu'elle a fait deux morts et cinq blessés, alors que des sources américaines, sous couvert de l'anonymat, ont déclaré au New York Times que le bombardement ciblait un convoi transportant des armes antiaériennes sophistiquées.

Les autorités israéliennes refusent toujours de confirmer ou démentir quelque attaque que ce soit contre la Syrie.

Les opposants au président syrien en ont profité pour dénoncer la passivité du régime. « Les avions israéliens sont venus, et les avions ne servent qu'à détruire les mosquées et les universités, et à tuer les civils », a déclaré le chef de la Coalition de l'opposition syrienne Ahmed Moaz al-Khatib, cité par le quotidien libanais L'Orient le jour.

Par ailleurs, Washington a mis en garde la Syrie contre toute tentative de transférer des armes au mouvement libanais Hezbollah. « Il ne faut pas que la Syrie déstabilise encore plus la région en transférant des armements au Hezbollah », a déclaré Ben Rhodes, conseiller adjoint à la sécurité nationale du président Barack Obama, lors d'une conférence téléphonique.

Moscou, Téhéran et le Hezbollah condamnent, et l'ONU s'inquiète

Le ministère russe des Affaires étrangères a publié un communiqué dans lequel il affirme qu'une telle attaque, commise sur le territoire souverain d'un autre pays, est inacceptable, peu importe les motifs évoqués.

Le chef de la diplomatie iranienne a également condamné le raid lors d'une apparition à la télévision.

Le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah a affirmé sa totale solidarité avec les dirigeants syriens, estimant que l'opération de l'armée israélienne avait pour objet de tenter de nuire aux capacités militaires arabes.

Pour sa part, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s'est dit « gravement préoccupé » par les informations faisant état d'un bombardement mené par l'aviation israélienne en Syrie et a appelé au respect de la souveraineté des États.

Correspondants à l'étranger

Tous les correspondants

Info en continu Afficher le fil complet

Facebook