Le monde arabe en mutation

Syrie : le chef de l'opposition prêt au dialogue avec le régime

Le chef de la nouvelle coalition syrienne, Ahmed Moaz al-Khatib

Pour la première fois depuis le début du conflit syrien, le chef de la Coalition nationale syrienne, qui regroupe l'essentiel de l'opposition syrienne, Ahmed Moaz al-Khatib, a annoncé sur sa page Facebook qu'il était prêt à dialoguer, sous conditions, avec les représentants du régime.

Pour amorcer ce dialogue, le chef de l'opposition exige que le régime libère de ses geôles 160 000 détenus et proroge la validité des passeports des Syriens qui se trouvent à l'étranger, dont la majorité a quitté le pays clandestinement. 

« En signe de bonne volonté vers une solution politique à la crise et pour ouvrir la voie à une période de transition mettant fin à l'effusion de sang, j'annonce que je suis prêt à des discussions directes avec des représentants du régime syrien au Caire, en Tunisie ou à Istanbul », écrit M. Al-Khatib.

Cependant, il avertit que l'opposition ne discutera pas « du maintien du régime, mais de son départ avec le moins de sang et de ruines possibles ».

Cette déclaration, qui ne s'est pas faite par communiqué ou par une autre voie officielle, exprime, a précisé M. Al-Khatib, sa position personnelle en indiquant que la Coalition doit se réunir jeudi pour prendre position à ce sujet.

La sortie du chef de la Coalition contredit totalement la position de l'opposition de l'extérieur, qui a toujours refusé tout contact avec le régime.

Pour l'opposition, aucune discussion n'était possible avant le départ du président Bachar Al-Assad. 

Le Conseil national syrien (CNS), une des composantes de la Coalition, a immédiatement réagi, estimant que cette déclaration « ne reflète en aucun cas la position de la Coalition et va à l'encontre des principes fondateurs de la Coalition (...) qui refuse de discuter avec le régime meurtrier ».

Par ailleurs, M. Al-Khatib a dénoncé son texte « des États (...) qui disent aux Syriens ''Attaquez!'' et les abandonnent au milieu de la bataille », ceux « qui promettent de l'aide aux révolutionnaires (...) et les laissent mourir » et d'autres qui « s'assoient sans rien faire et disent ''Attaquez, ne négociez pas!''».

La déclaration de M. Al-Khatib survient le lendemain du compte rendu du médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, au Conseil de sécurité dans lequel il reconnaît que sa mission n'a enregistré aucun progrès.

Changement de cap?

Le président Bachar Al-Assad a proposé début janvier un plan de sortie de crise prévoyant un dialogue national à Damas, catégoriquement refusé jusqu'ici par l'opposition de l'extérieur.

Le gouvernement a multiplié les appels au retour des opposants et des réfugiés en Syrie, assurant leur donner toutes les garanties pour qu'ils ne soient pas inquiétés une fois la frontière passée.

Mardi, l'opposition tolérée de l'intérieur s'est dite prête à établir un processus politique de dialogue entre régime et opposition pour mettre en application l'accord de Genève,  qui prévoit une transition en Syrie.

Une réunion sous l'égide l'ONU s'est tenue Koweït mercredi pour venir en aide aux réfugiés syriens. Dans le cadre de cette rencontre, Ottawa a annoncé une aide supplémentaire.

Correspondants à l'étranger

Tous les correspondants

Info en continu Afficher le fil complet

Facebook