Le monde arabe en mutation

Damas affirme qu'un raid israélien a visé une cible militaire

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Avion de combat israélien (archives)

L'armée syrienne affirme dans un communiqué qu'un raid israélien a visé à l'aube un centre de recherche militaire dans la région de Jomrayah, entre Damas et la frontière libanaise. Selon le communiqué, deux personnes ont péri et cinq autres ont été blessées dans ce raid, en plus de causer d'importants dégâts matériels.

Le communiqué explique que « les avions de combat israéliens ont pénétré [en Syrie] en volant en dessous de la hauteur détectée par les radars ».

« Israël coopère avec les pays hostiles au peuple syrien et leurs alliés à l'intérieur [de la Syrie] pour frapper les sites vitaux et militaires de l'État syrien pour tenter d'affaiblir son rôle de soutien de la résistance [le Hezbollah et les factions palestiniennes] », accuse encore le communiqué.

L'armée affirme « que des groupes terroristes ont essayé en vain à plusieurs reprises ces derniers mois d'entrer et de s'emparer de ce site ». Dans la littérature du régime, tous les rebelles sont assimilés à des « terroristes » armés par des pays étrangers.

Des habitants près de Damas avaient déclaré auparavant que des missiles avaient touché mardi dans la nuit un centre de recherches sur les armes non conventionnelles.

Selon ces témoins, le centre a été touché par six missiles qui l'ont détruit partiellement, déclenchant un incendie et faisant au moins deux morts.

L'armée dément que le raid israélien visait un convoi de l'armée syrienne qui se dirigeait vers le Liban.

Moscou préoccupé

La Russie s'est dite « très préoccupée » par ces informations, ajoutant que si cela venait à être confirmé, « cela signifie que nous avons affaire à des frappes sans aucun prétexte sur le territoire d'un État souverain, ce qui viole grossièrement la charte de l'ONU et est inacceptable, quel qu'en soit le motif ».

« Nous prenons des mesures d'urgence pour éclaircir cette situation dans les moindres détails », a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères, par voie de communiqué.

Le Hezbollah libanais, un autre allié de la Syrie, a lui aussi vigoureusement condamné l'attaque.

Plus tôt, plusieurs médias ont rapporté qu'un raid israélien visait un convoi militaire syrien qui se dirigeait vers le Liban, citant plusieurs sources.

Des sources américaines, qui ont requis l'anonymat, ont confirmé au New York Times que l'aviation israélienne a bombardé à l'intérieur du territoire syrien. Les mêmes sources disent croire que l'attaque ciblait un convoi transportant des armes antiaériennes sophistiquées. Le quotidien américain rapporte qu'Israël a informé Washington de l'attaque.

L'armée israélienne se refuse à tout commentaire pour le moment, alors que l'armée libanaise a fait état d'un survol intensif de son territoire par l'aviation israélienne, affirmant que 16 avions de combat étaient entrés dans l'espace aérien libanais durant la seule journée de mardi.

Israël a déjà menacé à plusieurs reprises d'attaquer des convois qui pourraient transporter des armes chimiques ou d'autres types d'armement dont dispose l'armée syrienne vers le Liban pour le Hezbollah chiite libanais, proche de Damas.

Dimanche, l'armée israélienne a redéployé deux batteries du système antimissile Iron Dome dans le nord du pays en vue d'une éventuelle action militaire contre des cibles en Syrie ou au Liban.

Correspondants à l'étranger

Tous les correspondants

Info en continu Afficher le fil complet

Facebook