La crise malienne

Les forces franco-maliennes contrôlent Tombouctou et Gao

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Le Monde et Reuters
Un convoi de soldats français à Tombouctou. Un convoi de soldats français à Tombouctou.  Photo :  AFP/ERIC FEFERBERG

Les troupes franco-maliennes sont rentrées à Tombouctou, dans le nord du Mali, dans la nuit de lundi à mardi, sans affronter une quelconque résistance.

Selon le colonel Frédéric Gout, des soldats maliens et français sont arrivés avec un raid de blindés par le sud de la ville et ont pris le contrôle de l'aéroport. Parallèlement, une opération aéroportée a permis à des parachutistes français de s'emparer du nord de la ville.

« Il n'y a eu aucune résistance puisque tous les djihadistes ont quitté la ville depuis certainement quelque temps. […] On s'est vite rendu compte qu'on n'allait rencontrer aucune résistance. Je vous confirme, il n'y a eu aucun coup de feu, aucune goutte de sang », a affirmé le colonel Gout.

En revanche, des témoins ont rapporté que des commerces appartenant à des Arabes et à des Touaregs soupçonnés d'avoir aidé les islamistes ont été pillés.

Dans certaines boutiques, des munitions et des radios militaires ont été découvertes. Mais la majorité de la population a pillé surtout des télévisions, antennes satellite, nourriture, meubles et vaisselle.

Dans la ville de Gao, les soldats maliens ont arrêté cinq suspects qui ont été remis aux autorités locales. Ils ont découvert des caches d'armes et de munitions, ainsi que de la fausse monnaie.

Lundi, Human Rights Watch (HRW) avait demandé aux autorités de prendre « des mesures immédiates » pour « protéger tous les Maliens de représailles », évoquant « des risques élevés de tensions interethniques » dans le Nord, où la rivalité est forte entre les minorités arabes et touarègues souvent assimilées à des islamistes, et les Noirs, majoritaires au Mali.

Le lendemain, le premier ministre français Jean-Marc Ayrault a dit souhaiter « le déploiement rapide d'observateurs internationaux » pour veiller « au respect des droits de l'homme » face au « risque d'exactions ».

« Nous avons également rappelé aux autorités maliennes leurs responsabilités », a-t-il ajouté.

La crise malienne

Depuis le début de l'intervention française, 3500 soldats français et 1900 soldats africains ont été déployés au Mali.

Le président ivoirien Alassane Ouattara a indiqué que les effectifs de la force africaine au Mali dépasseraient les 8000 hommes, pour un coût de près d'un milliard de dollars.

Vers Kidal

La prochaine étape militaire sera la ville de Kidal, située à l'extrême nord-ouest du pays.

Les groupes armés auraient déjà quitté Kidal en direction des montagnes, près des frontières algériennes. La ville serait sous le contrôle des Touaregs du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) et des dissidents du groupe islamiste Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), qui ont formé le Mouvement islamique de l'Azawad (MIA).

Ce nouveau groupe a réaffirmé sa volonté de « dialogue » avec le gouvernement malien et a assuré qu'il ne visait pas « l'indépendance » du nord du Mali.

L'après-guerre

Les députés maliens ont voté mardi à l'unanimité la mise en place d'une « feuille de route » politique pour l'après-guerre dans le nord du Mali, qui prévoit une discussion avec certains groupes armés dans le cadre de la « réconciliation nationale ».

Le texte souligne la nécessité « d'entamer les discussions avec les groupes armés qui ne mettent en cause ni l'intégrité territoriale du pays, ni la laïcité de l'État malien » et « de mettre en place une commission de réconciliation nationale ».

De son côté, le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, a déclaré mardi à Addis Abeba qu'il espérait pouvoir appeler les Maliens aux urnes avant le 31 juillet.

L'envoyé spécial de l'ONU pour le Sahel, l'italien Romano Prodi, encourage le gouvernement malien à préparer des listes électorales « dès maintenant ».

« C'est un travail énorme, qu'il faut démarrer si on veut avoir des élections crédibles lorsque la situation sécuritaire le permettra », a-t-il déclaré.

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