Israël : Nétanyahou victorieux, mais affaibli

Radio-Canada avec Reuters
Le reportage de Luc Chartrand

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a revendiqué mardi sa victoire et a remercié les Israéliens de l'avoir réélu. Après l'annonce des premiers résultats, il s'est adressé à ses partisans en déclarant que les « résultats des élections offrent une occasion de procéder à des changements auxquels aspirent les Israéliens ».

« J'ai l'intention de mener ce changement et dans ce but j'ai l'intention de former le gouvernement le plus large possible », a-t-il ajouté.

Sur le plan international, M. Nétanyahou a affirmé que « le premier défi auquel sera confronté le prochain gouvernement reste et demeurera d'empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire ».

Malgré sa victoire, M. Nétanyahou obtient moins de sièges que lors de la dernière élection. Selon les trois chaînes de télévision, son parti, le Likoud-Israël Beiteinou n'obtient que 31 sièges contre 42 dans le Parlement sortant. 

Le fait notable de cette élection est la percée du nouveau parti centriste Yesh Atid (Un avenir existe) qui obtient 19 sièges et devient le deuxième parti du pays.

« J'exhorte les dirigeants politiques à agir avec moi pour former ensemble le gouvernement le plus large possible qui unira les éléments modérés de gauche et de droite pour un réel changement », a plaidé le chef du parti Yaïr Lapid en s'adressant à ses partisans à Tel-Aviv.

Le Parti travailliste obtient 15 sièges, gagnant ainsi deux sièges par rapport au Parlement sortant.

Au total, les partis de droite ont obtenu 61 sièges et ceux de centre gauche, 59.

Les partisans de Yaïr Lapid, le chef du parti Yesh Atid à Tel-Aviv

Selon le commentateur de la radio militaire, M. Nétanyahou devrait diriger le prochain gouvernement, mais il « n'aura pas d'autre choix que de proposer un des trois grands ministères, la Défense, les Affaires étrangères ou les Finances, à Yaïr Lapid [le chef de Yesh Atid] ».

Le premier ministre sortant a bénéficié de la division de l'opposition, qui n'est pas parvenue à se ranger derrière un candidat viable lors de la campagne électorale. Il a également profité du fait que la plupart des Israéliens ont peu d'espoir quant à la question des pourparlers de paix avec les Palestiniens.

Les formations comme Bayit Yehudi, de Naftali Bennett, ou le parti ultraorthodoxe Chass, qui ont obtenu 12 sièges chacun, sont ouvertement hostiles à la création d'un État palestinien et prônent l'expansion des colonies juives en Cisjordanie. Une alliance avec l'un de ces partis mettrait à mal le fragile processus de paix entre Israël et les Palestiniens.

Le suspense demeure sur le choix du parti avec lequel un éventuel gouvernement Nétanyahou fera coalition pour gouverner.

Quelque 5,6 millions d'Israéliens votaient mardi dans le cadre des législatives. Les résultats officiels devraient être annoncés mercredi matin.

La Ligue arabe a appelé les électeurs arabes israéliens, qui représentent 20 % de l'électorat, à voter massivement « pour faire face à de futures politiques législatives d'épuration ethnique et de domination raciste ». Les deux listes arabes Ta'al et Balad ont obtenu respectivement quatre et trois sièges.

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