La crise malienne

Prise d'otages en Algérie : 23 otages et 32 ravisseurs tués

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Le récit de Luc Lapierre

Vingt-trois otages ont été tués durant les quatre jours de la prise d'otages sur le site gazier d'In Amenas dans le sud de l'Algérie, alors que 32 ravisseurs ont été tués par les forces spéciales de l'armée lors des opérations militaires pour libérer les personnes captives, selon un bilan provisoire officiel du gouvernement algérien.

Le ministère algérien de l'Intérieur a par ailleurs ajouté que 107 otages expatriés et 685 otages de nationalité algérienne ont été libérés.

La prise d'otages a pris fin samedi matin avec l'assaut des forces spéciales de l'armée au cours duquel 11 ravisseurs et 7 otages ont été tués.Les djihadistes liés à Al-Qaïda agissaient en représailles à l'intervention française au Mali.

Ils avaient miné les installations que l'armée s'emploie maintenant à neutraliser.

Depuis vendredi, le groupe prétendait détenir trois Belges, deux Américains, un Japonais et un Britannique. Plusieurs bilans contradictoires ont toutefois été diffusés depuis le début alors qu'une vingtaine d'otages étrangers manque toujours à l'appel.Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé qu'il n'y avait plus d'otage français sur le site.

Les entreprises qui avaient des travailleurs sur le site d'In Amenas tentent de clarifier la situation de leurs ressortissants. La pétrolière norvégienne Statoil a confirmé samedi qu'elle était toujours sans nouvelles de six de ses employés, tandis qu'elle avait reçu la confirmation que deux travailleurs étaient sains et saufs. La firme d'ingénierie japonaise JGC dénombrait 10 employés manquants. Quatre des employés de BP sont toujours portés disparus selon le groupe pétrolier britannique, qui craint qu'il y ait « un ou plusieurs morts » à déplorer parmi eux.

Le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a déclaré samedi que cinq Britanniques et une personne résidant en Grande-Bretagne sont morts ou portés disparus.

Les délégations étrangères étant tenues loin du site de la prise d'otages, la situation est difficile à évaluer, et l'Algérie est fortement critiquée pour son manque de transparence.Le président français, François Hollande, a tout de même affirmé que l'Algérie a eu « les réponses les plus adaptées » et que l'intervention militaire était la seule option à envisager.

« Nous n'avons pas encore tous les éléments, mais, quand il y a une prise d'otages avec autant de personnes concernées et des terroristes aussi froidement déterminés, prêts à assassiner - ce qu'ils ont fait - leurs otages, un pays comme l'Algérie a les réponses qui me paraissent à mes yeux les plus adaptées, car il ne pouvait y avoir de négociation », a déclaré le président français.

Vendredi soir, le Conseil de sécurité a déploré « dans les termes les plus fermes l'attaque terroriste contre le site d'In Amenas, en Algérie ». Les membres du conseil ont appelé les États impliqués à collaborer avec les autorités algériennes afin de sauver les otages restants.

Samedi, le président américain Barack Obama a qualifié les auteurs de la prise d'otages de « terroristes »

« La responsabilité de cette tragédie revient aux terroristes qui en sont à l'origine, et les États-Unis condamnent leurs actions de la façon la plus forte », a déclaré le président. C'était la première fois qu'il s'exprimait sur la prise d'otage.

Récits troublants

Des résidents des environs du site gazier d'In Amenas se pressent devant un centre hospitalier pour avoir des nouvelles de leurs proches

Les otages libérés commencent à raconter leur expérience. Un otage philippin a déclaré avoir été enveloppé d'explosifs et transporté dans un camion piégé lors de l'assaut des forces de sécurité. Il a ajouté que les bombes placées sur le véhicule où il se trouvait n'ont pas explosé, contrairement à celles des camions voisins, dont les occupants seraient morts.

Un Français employé d'une entreprise de restauration a indiqué être resté caché sous son lit pendant une quarantaine d'heures avant d'être secouru par les soldats algériens.

Une agence de presse malienne a par ailleurs diffusé samedi un message audio attribué au chef présumé des ravisseurs.

Il y menace de « faire exploser » les otages en cas d'intervention des forces de sécurité algériennes. Le message aurait été enregistré jeudi soir, après le premier assaut de l'armée.