La crise malienne

Otages : l'assaut de l'armée algérienne à In Amenas n'est pas terminé

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Anne-Marie Dussault fait le point avec l'analyste Jocelyn Coulon et le journaliste algérien Fayçal Métaoui

L'opération de l'armée algérienne en vue de libérer les otages du complexe gazier d'In Amenas n'est pas encore achevée.

L'agence de presse algérienne APS a rapporté en soirée que les soldats algériens ne maîtrisaient qu'une partie du site, où se trouverait la majorité des otages.

Plusieurs membres du groupe terroriste se trouveraient dans l'usine du complexe que les forces armées encerclent toujours.

Depuis le début de cette opération, les autorités algériennes ne donnent que de vagues informations au compte-gouttes.

En ce qui concerne le bilan de l'assaut, plusieurs sources donnent des chiffres contradictoires.

Il y aurait de 14 à 49 personnes tuées, otages et assaillants. Plusieurs otages auraient réussi à s'enfuir, tandis que d'autres auraient été libérés.

L'opération a permis de « libérer jusqu'à présent plusieurs otages nationaux et étrangers », a déclaré le ministre algérien de la Communication, Mohamed Saïd, sans fournir de chiffres. Il a fait état d'un « nombre important d'otages libérés et malheureusement quelques morts et blessés ».

Les ravisseurs avaient précédemment affirmé qu'au moins 35 étrangers et 15 militants avaient été tués dans l'opération. Un porte-parole du groupe a précisé que le chef du commando, Abou Al-Baraa, avait été tué.

Selon le ministre Saïd, cette attaque est l'oeuvre d'une « multinationale terroriste qui vise à impliquer » l'Algérie dans le conflit malien, « déstabiliser » l'État algérien, et « détruire son économie » qui tire son financement des recettes des hydrocarbures.

Le Japon a annoncé que trois de ses ressortissants ont été mis « en sûreté », alors que 14 autres étaient toujours portés disparus. Le gouvernement japonais avait auparavant demandé l'arrêt de l'opération militaire.

Un Irlandais du Nord et un Philippin auraient aussi été libérés. Le gouvernement des Philippines a également indiqué qu'une vingtaine de ses ressortissants seraient toujours retenus en Algérie.

Jeudi matin, les autorités algériennes ont décidé de donner l'assaut contre le groupe islamiste qui affirmait détenir 41 étrangers et des centaines de travailleurs algériens.

Des hommes armés ont enlevé, mercredi, des ressortissants étrangers sur une base pétrolière exploitée conjointement par British Petroleum (BP) et la firme algérienne Sonatrach, à In Amenas, dans le sud-est de l'Algérie. L'attaque-surprise a été revendiquée par la brigade Al-Moulathamine, de Mokhtar Belmokhtar. Le groupe réclamait notamment l'arrêt des opérations françaises au Mali, mais le ministre algérien de l'Intérieur, Dahou Ould Kablia, a affirmé qu'Alger ne répondrait pas aux revendications des terroristes et il a refusé toute négociation.

Une opération critiquée

Washington a exprimé son inquiétude au sujet de l'opération de libération des otages, dont certains sont Américains, en cours en Algérie. « Nous sommes évidemment inquiets au sujet des informations sur des pertes en vies humaines lors de cette opération », a expliqué le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney. « Nous essayons d'obtenir des éclaircissements de la part du gouvernement algérien ».

Les États-Unis ont aussi dit qu'ils n'avaient pas été mis en courant de l'intervention en avance et qu'ils priaient les autorités de l'Algérie de placer la sécurité des otages en tête de leurs priorités.

De son côté, le premier ministre britannique, David Cameron, a été informé de l'opération une fois qu'elle était en cours. « Le gouvernement algérien est au courant que nous aurions préféré être contactés à l'avance », a déclaré un porte-parole de Londres.

Le Royaume-Uni avait offert son assistance au gouvernement algérien, mais cette offre est demeurée lettre morte. « C'est une opération complètement menée par les Algériens en territoire algérien souverain », a précisé le porte-parole.

Le président français, François Hollande, a profité de l'occasion pour justifier l'opération française au Mali. La situation en Algérie « justifie encore davantage la décision que j'ai prise d'intervenir au Mali », a-t-il souligné.

Carte de l'Algérie

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