Rapport de Freedom House : la démocratie recule dans le monde

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Manifestation à Tunis le 24 janvier 2011 Manifestation à Tunis le 24 janvier 2011  Photo :  AFP/Fethi Belaid

La démocratie et les libertés ont reculé dans le monde en 2012, pour la septième année consécutive, selon le dernier rapport de l'ONG américaine Freedom House.

C'est, en partie, la conséquence du printemps arabe qui a permis à certains pays d'améliorer leur situation, mais a provoqué une réaction négative, parfois violente, de leaders autoritaires ailleurs au Moyen-Orient, souligne le rapport. Freedom House cite notamment des déclins de la liberté en Irak, en Jordanie, au Liban, en Syrie et dans les Émirats arabes unis.

L'ONG s'inquiète de la situation, y voyant « l'intensification d'une campagne de persécution par des dictateurs qui s'en prennent aux organisations de la société civile et aux médias indépendants ».

Depuis 40 ans, Freedom House publie un rapport intitulé La liberté dans le monde qui classe 194 États dans trois catégories : « libres », « en partie libres » et « non libres », selon la faculté de leurs citoyens de jouir de leurs droits politiques et civiques et de vivre en sécurité.

En 2012, il y avait 90 pays libres, 58 pays partiellement libres et 47 non libres, selon Freedom House. Environ 43 % de la population mondiale, soit 3 milliards de personnes, vivent dans des pays libres.

L'ONG critique également le président russe Vladimir Poutine, qui a fait « entrer [son pays] dans une nouvelle période de répression accélérée ».

« Avec la Russie qui donne le ton, l'Eurasie rivalise maintenant avec le Moyen-Orient en tant qu'une des zones les plus répressives du globe. De fait, l'Eurasie est sous plusieurs aspects la sous-région la moins libre du monde. » — Freedom House

Parmi les tendances de 2012, l'organisme cite la violence entre musulmans (notamment au Pakistan et en Irak), le déclin des libertés civiles en Turquie ainsi que l'augmentation de la répression et le déclin des institutions démocratiques dans les États du Golfe.

Les démocraties critiquées

Le président de Freedom House, David J. Kramer, critique également les États-Unis et l'Europe, qui « ont battu en retraite » plutôt que de participer activement à promouvoir la démocratie. Il interpelle autant le président américain, Barack Obama, que l'opposition républicaine, pour ne pas avoir fait preuve de leadership en ce domaine.

Les « pires des pires »

Dans la catégorie des pays non libres, neuf ont reçu la note la plus basse pour les droits politiques et les libertés civiles. Il s'agit de l'Érythrée, la Guinée équatoriale, la Corée du Nord, l'Arabie saoudite, la Somalie, le Soudan, la Syrie, le Turkménistan et l'Ouzbékistan.

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