La justice pakistanaise ordonne l'arrestation du premier ministre Ashraf pour corruption

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Le premier ministre pakistanais Raja Pervez Ashraf

La Cour suprême du Pakistan ordonne l'arrestation du premier ministre Raja Pervez Ashraf en lien avec une affaire de corruption impliquant des contrats énergétiques illégaux.

Selon l'Agence France-Presse, outre Raja Pervez Ashraf, une quinzaine de personnes sont soupçonnées par les autorités judiciaires pakistanaises d'avoir trempé dans ce scandale.

« Le président de la Cour suprême a ordonné l'arrestation de toutes les personnes accusées dans cette affaire, quel que soit leur rang », a déclaré à l'AFP Aamir Abbas, avocat gouvernemental pour le Comité pakistanais anti corruption (NAB).

Raja Pervez Ashraf est un proche du président pakistanais Asif Ali Zardari. Il a été nommé premier ministre en juin 2012 après la démission de Youssouf Raza Gilani, incité à quitter ses fonctions par la Cour suprême après avoir refusé d'ouvrir une enquête pour corruption qui visait le président Zardari.

Colère et manifestations dans les rues d'Islamabad

Une partisane de Tahir ul-Qadri dans les rues d'Islamabad.

Cet ordre d'arrestation du premier ministre Ashraf survient dans un climat de tension alors que plusieurs dizaines de milliers de Pakistanais manifestent depuis lundi dans les rues d'Islamabad contre l'incompétence et la corruption au sein du gouvernement pakistanais.

Ces milliers de citoyens en colère ont répondu nombreux à l'appel de Tahir ul-Qadri, un influent leader religieux d'origine canadienne.

L'homme, qui enseignait la théologie à Toronto, est rentré au Pakistan en décembre dernier, où il a lancé une campagne nationale pour dénoncer la corruption au sein du gouvernement.

Appuyé par une importante campagne télévisée, il prône un assainissement des moeurs politiques et la préservation des valeurs fondamentales pakistanaises. Des propos qui rejoignent beaucoup de Pakistanais désabusés par la corruption, le favoritisme des élites et les malversations qui rongent le gouvernement du pays.

Tahir ul-Qadri, qui a pris la tête de milliers de personnes dimanche pour converger de Lahore jusqu'à la capitale Islamabad, a exigé la dissolution du gouvernement Zardari.

Une démocratie fragile

Le gouvernement du président Zardari doit terminer ce printemps un mandat de cinq ans. S'il y parvient, ce sera la première fois qu'un gouvernement civil effectue un mandat démocratiquement acquis depuis la création du pays, en 1947. Tous les autres gouvernements civils qu'a connus le pays ont été renversés par des coups d'État militaires. Des élections doivent avoir lieu à la mi-mai dans le pays.

Correspondants à l'étranger

Tous les correspondants

info en continu

dimanche 21 décembre

Facebook