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Le Canada appuie l'intervention française au Mali

Mise à jour le lundi 14 janvier 2013 à 21 h 44 HAE

CC-17 en Afghanistan

Le Canada appuiera la France au Mali en lui fournissant un avion de transport CC-17 pour une semaine. Ottawa souligne que « les membres des Forces canadiennes ne participeront à aucune intervention directe contre des forces rebelles au Mali ».

Cette décision a été prise après que la France eut demandé au gouvernement canadien de lui accorder de l'assistance au niveau du transport d'équipement lourd vers la capitale, Bamako.

« Je pense que c'est une demande raisonnable. Le gouvernement est toujours là pour assister nos amis, comme les Américains et les Britanniques vont aussi le faire », a commenté le premier ministre Stephen Harper lors d'une conférence de presse lundi. 

CC-177

Le Canada possède quatre avions de transport CC-177 Globemaster III, qui ont été livrés en 2007-2008. Ces avions peuvent transporter jusqu'à 102 parachutistes et 160 000 livres de matériel. Le CC-177, qui peut parcourir de longues distances, a la capacité d'atterrir sur des pistes courtes et isolées. Cet avion a notamment servi pour la mission canadienne en Afghanistan aussi bien pour le transport des troupes que pour le ravitaillement.

Alors que l'opération française, baptisée serval, recueille un large soutien international, l'Algérie a annoncé lundi avoir décidé de fermer sa frontière avec le Mali. Initialement réticente à une intervention militaire dans le conflit malien, Alger avait plutôt décidé de soutenir l'opération en autorisant le survol de son territoire par l'aviation française.

Par ailleurs, outre le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni, la Belgique et le Danemark appuieront aussi la France au niveau du transport. Les États-Unis apporteront également un soutien logistique à l'armée française dans le domaine des communications et du renseignement.

L'OTAN a salué lundi l'opération lancée par la France, tout en précisant n'avoir reçu aucune demande d'assistance de la part de Paris, pendant que le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, affirmait qu'il était « urgent de stopper les groupes rebelles ». L'Union européenne a toutefois précisé qu'elle n'aurait aucun rôle dans l'intervention en cours.

L'Allemagne étudie de son côté un possible soutien logistique, médical ou humanitaire. Mais sa décision dépendra d'un vote du Parlement.

Selon un porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, même si l'intervention française au Mali est « justifiée », il n'est « pas question d'un engagement de troupes ».

Un premier bilan de l'opération serval

Un des responsables du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) rapporte que 86 personnes blessées ont été soignées dans les hôpitaux de Mopti (centre) et Gao (nord), après de récents combats et bombardements. Mais il n'a pas précisé s'il s'agissait de civils, de combattants islamistes ou de soldats.

En ce qui concerne Konna, que les avions français ont bombardé, l'armée malienne n'a pas laissé le CICR accéder à la ville.

De son côté, le gouvernement malien a fait état de 11 morts et une soixantaine de blessés dans les rangs des militaires maliens, et d'un militaire français mort des suites de ses blessures reçues lors des opérations.

MISMA

Parallèlement, les préparatifs s'accélèrent pour le déploiement de la Force internationale de soutien au Mali (MISMA), approuvée par le Conseil de sécurité de l'ONU. La MISMA sera formée d'éléments de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et sera sous la direction d'un général nigérian, Shehu Abdulkadir. Le Nigeria doit fournir 600 hommes pour former cette force de frappe. Le Niger, le Burkina Faso, le Togo et le Sénégal ont également annoncé l'envoi chacun d'environ 500 hommes, et le Bénin, de 300. Le Tchad fournira aussi un contingent.

Le Conseil de sécurité de l'ONU, qui s'est réuni lundi à la demande de Paris afin d'examiner l'évolution de la situation, a fait part de la « la compréhension et du soutien de tous les partenaires » de la France au sein du Conseil, selon l'ambassadeur français à l'ONU, Gérard Araud.

Suivez sur Twitter la journaliste Sophie Langlois qui couvre la crise malienne

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« Le Canada au Mali, pourquoi? » - le blogue de Sophie Langlois

Les combats se poursuivent

Selon les Nations unies, des dizaines de milliers de civils fuient les combats au Mali, alors que le ministère mauritanien de l'Intérieur confirme que des milliers de réfugiés arrivent à la frontière du pays.

« On estime que 30 000 personnes pourraient avoir été contraintes de fuir en raison des combats dans le nord et le centre du Mali », a confirmé un porte-parole de l'ONU.

Les rebelles islamistes ont repris l'offensive au Mali lundi, s'emparant de la ville de Diabali, à 400 km au nord de Bamako, alors que l'armée française bombardait pour un quatrième jour consécutif leurs colonnes et leurs positions.

Les appareils français ont visé lundi des « cibles mobiles », autrement dit les camions des colonnes islamistes, qui tentent d'avancer sur Bamako depuis la fin de la semaine dernière. « On a continué à parer à une situation d'urgence, qui est de stopper leur progression. Maintenant, notre objectif, c'est de les faire reculer », a expliqué un porte-parole.

Dimanche, l'aviation s'était attaquée aux postes situés près de Gao et avait détruit des camps d'entraînement des insurgés. Des résidents et des responsables de la sécurité ont affirmé que plus de 60 combattants islamistes avaient été tués lors de l'opération, une information que le porte-parole du mouvement n'a pas voulu confirmer.

La France dit envisager de déployer 2500 soldats au Mali pour soutenir l'armée malienne et la force ouest-africaine, qui devrait compter 3300 soldats.

Des blindés français sont également arrivés au Mali en provenance de la Côte d'Ivoire, où l'armée française est déjà présente.

Des Touaregs appuient la France

Par ailleurs, les rebelles touaregs du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) affirment être « prêts à aider » l'armée française à lutter contre les groupes islamistes installés dans le nord du Mali, dans leur « volonté d'arriver au bout du terrorisme dans l'Azawad ».

« Nous soutenons absolument l'intervention aérienne française. Bien sûr, nous sommes prêts à aider l'armée française, à faire le travail au sol », a déclaré lundi un responsable du groupe.

Le MNLA, héritier des différentes rébellions touarègues indépendantistes qui se sont succédé au Mali, avait lancé en janvier 2012 une offensive dans le nord du pays, avant d'en être évincé peu après par les groupes islamistes armés Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO) et Ansar Dine (un groupe islamiste essentiellement composé de Touaregs maliens).

Très affaibli, le MNLA s'était engagé en décembre 2012 à cesser les hostilités et à négocier avec les autorités maliennes. Le mouvement a cessé officiellement de réclamer l'indépendance pour ne plus plaider que le droit à l'autonomie de l'Azawad.

Se venger

Les islamistes basés dans le nord du Mali menacent pour leur part la France de représailles.

« La France a attaqué l'Islam. Au nom d'Allah, nous allons frapper le coeur de la France. Partout. À Bamako, en Afrique et en Europe », a déclaré l'un des responsables du MUJAO.

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