Incertitudes sur la mort d’un otage français en Somalie

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Alexandra Szacka fait le point sur les opérations françaises en Afrique.

La France émet maintenant des doutes sur la mort d'un otage français après une opération visant à le libérer, qui s'est déroulée dans la nuit de vendredi à samedi dans le sud de la Somalie.

Après plus de trois ans captivité, le membre des services secrets Denis Allex aurait été tué par ses geôliers à la suite de l'opération de sauvetage française. C'est ce qu'a d'abord annoncé le ministère de la Défense français, Jean-Yves Le Drian, samedi matin. Deux soldats français auraient aussi trouvé la mort dans cette opération.

Toutefois, lors d'une conférence de presse subséquente, le ministre de la Défense est revenu sur la nouvelle avec plus de circonspection. « Des combats d'une grande violence se sont déroulés, d'une grande violence, au cours desquels, je parle maintenant avec précaution, tout donne à penser que malheureusement Denis Allex a été abattu par ses geôliers », a-t-il déclaré.

Le ministre a aussi précisé qu'un seul soldat français avait perdu la vie lors de l'attaque, l'autre étant porté disparu.

Les rebelles islamistes d'Al-Shabab affirment de leur côté que Denis Allex est vivant et qu'il sera fixé sur son sort dans les deux prochains jours. Les miliciens affirment également dans un communiqué détenir le soldat français qui manque à l'appel, en plus de faire état de « plusieurs soldats français tués ».

Les rebelles auraient de leur côté subi une perte de 17 soldats, selon des informations transmises par le ministre français de la Défense.

Les miliciens ont prévenu la France que l'opération entraînerait des représailles. « En fin de compte, ce seront les citoyens français qui goûteront inévitablement aux conséquences amères de l'attitude inconséquente de leur gouvernement à l'égard des otages », peut-on lire dans un communiqué transmis aux médias.

Un soldat somalien monte la garde dans un quartier de Mogadiscio

Otage depuis trois ans

Denis Allex avait été enlevé en juillet 2009 à Mogadiscio avec un de ses collègues, Marc Aubrière, alors qu'il effectuait une mission officielle d'assistance auprès du gouvernement fédéral de transition. Marc Aubrière avait pu s'échapper un mois plus tard. 

Après l'enlèvement, Al-Shabab avait exigé que la France cesse de soutenir le gouvernement somalien et réclamé le retrait de la Somalie des quelque 17 500 hommes de l'Union africaine (UA).

Les rebelles d'Al-Shabab veulent imposer en Somalie une interprétation stricte de la charia, la loi coranique. Depuis 2007, date du lancement de l'insurrection contre le gouvernement, le groupe a perdu un grand nombre de ses places fortes urbaines dans le centre et le sud de la Somalie, dont la capitale, Mogadiscio, sous la pression des Casques bleus de l'UA et des forces somaliennes. Seules quelques régions rurales leur résistent encore.

Qui sont les Shabab?

Il s'agit d'un groupe rebelle qui prône une application radicale de l'islam et de la charia. Ce nom signifie « jeunesse » Il n'opère qu'en Somalie et compterait environ 5000 militants. Le groupe est maintenant intégré à Al-Qaïda.

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