L'ancienne vedette de la BBC Jimmy Savile a commis des centaines d'agressions sexuelles

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Jimmy Savile Jimmy Savile  Photo :  AP/Lewis Whyld

L'ancien présentateur vedette du réseau de télévision britannique BBC, Jimmy Savile, a commis 214 agressions sexuelles, dont 34 viols, au cours de six décennies, selon un rapport d'enquête de la police et des services de protection de l'enfance.

Mort en 2011 à l'âge de 84 ans, le « prédateur sexuel » - comme le décrit le rapport d'enquête - a agressé des centaines de personnes de 8 à 47 ans entre 1955 et 2009. Au cours de cette période, Saville a sévi dans les locaux de la BBC, dans 13 hôpitaux où il travaillait comme bénévole, dans des écoles et dans un foyer pour jeunes.

Il a perpétré son premier crime à Manchester, en 1955, et il a abusé de personnes au sein de la BBC de 1965 à 2006, pendant qu'il animait la populaire émission musicale Top of the Pops. Il a également sévi à Leeds et à Londres.

  • 73 % de ses victimes étaient mineures.
  • 82 % de ses victimes étaient de sexe féminin.

La plus jeune victime était un garçon de 8 ans au moment de l'agression, mais la majorité de ses victimes étaient des adolescentes de 13 à 16 ans.

L'ancienne vedette des années 1970-1980 a profité de son statut de célébrité pour commettre ses agressions, indique le rapport qui résume trois mois d'enquête. Les crimes de Saville étaient majoritairement « des agressions sexuelles commises quand l'occasion se présentait », mais certaines autres avaient été planifiées, précise le rapport.

Au total, 450 personnes se sont présentées aux enquêteurs dans le cadre de l'enquête.

Excuses et consternation

Jimmy Savile ©Liftarn Jimmy Savile

Le Directeur des poursuites publiques (DPP), Keir Starmer, a présenté ses excuses pour l'impunité dont a bénéficié Savile tout au cours de sa vie. Le procureur général a notamment renoncé à porter des accusations contre Savile en 2009, malgré des plaintes déposées à la police du Surrey.

Le conseiller juridique du DPP, Alison Levitt, estime que « si la police et les services avaient adopté une approche différente, des poursuites auraient pu avoir lieu en ce qui concerne trois victimes ». Il croit que les plaintes avaient été traitées « avec une circonspection qui n'était ni justifiée ni appropriée ».

Le directeur de l'agence britannique pour la protection de l'enfance et coauteur du rapport, Peter Watt, estime que l'étendue des abus « dépasse l'entendement ». Il a affirmé que Jimmy Savile était « l'un des prédateurs sexuels les plus actifs qu'on n'ait jamais connus ».

« Il est clair que Savile a sournoisement bâti toute sa vie professionnelle de manière à avoir accès à des enfants sans défense afin de commettre ses abus. » — Peter Watt

« Il s'est caché derrière un voile d'excentricité, jouant la carte du bluff face à ceux qui posaient des questions », a poursuivi M. Watt, en évoquant les rumeurs qui circulaient du vivant de Savile.

Jimmy Savile avait même été anobli par la reine Élizabeth II pour ses oeuvres caritatives.

Révélé en octobre dernier, le scandale a provoqué une crise à la BBC, qui a été accusée d'avoir tenté d'étouffer l'affaire. La crise avait entraîné la démission du directeur général du réseau de télévision. La BBC a exprimé, dans un communiqué, sa consternation pour les crimes commis dans ses locaux et elle a présenté de nouveau des « excuses sincères aux victimes ».

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