Viol en Inde : les accusés auraient été battus par la police, selon un avocat

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Le convoi transportant les accusés du viol collectif de New Delhi arrive au tribunal

Les cinq hommes accusés d'avoir violé et tué une étudiante indienne ont été sauvagement battus par la police au cours de leur détention, selon l'avocat de trois des suspects, qui accuse aussi les autorités policières d'avoir modifié des éléments de preuve dans cette affaire.

Selon Me Manohar Lal Sharma, les policiers indiens ont obtenu des aveux des cinq prévenus en utilisant la force et l'intimidation. Il a ajouté que d'autres détenus avaient également été envoyés dans les cellules des cinq hommes pour les menacer et les intimider.

À son arrivée au tribunal, jeudi, l'avocat a expliqué que tous les accusés avaient été battus par les enquêteurs, qui cherchaient simplement des aveux qui concordent avec les informations déjà obtenues.

Les cinq hommes sont accusés de viol et d'enlèvement, mais également du meurtre d'une étudiante de 23 ans dans un autobus de New Delhi, le 16 décembre dernier, puisque la victime a succombé à ses blessures quelques semaines après.

Le viol de la jeune femme a profondément choqué les Indiens, qui ont manifesté violemment leur colère dans les rues des grandes villes du pays lors d'émeutes et de manifestations de masse pour réclamer plus de sécurité et de justice pour les femmes.

Le procès des cinq accusés s'est poursuivi à huis clos jeudi, à New Delhi, dans un tribunal du district de Saket. Les médias indiens ont cependant annoncé qu'au moins deux des cinq accusés ont l'intention de plaider non coupables à toutes les accusations retenues contre eux.

Au terme de l'audience, plusieurs s'attendaient à ce que le tribunal renvoie le dossier à une autre instance, où la procédure sera plus rapide. Le système judiciaire indien est reconnu pour sa lenteur et sa faible efficacité. Mais les autorités tentent d'accélérer les choses afin d'apaiser la grogne populaire.

Lundi, le président de la Cour suprême du pays a d'ailleurs ordonné la mise en place de tribunaux spéciaux pour les crimes sexuels afin d'accélérer le traitement des ces affaires, dont les principales victimes sont des femmes et des enfants.

Des propos controversés

L'avocat Manohar Lal Sharma retient l'attention des médias indiens par les propos, parfois douteux, qu'il tient publiquement sur cette affaire hautement médiatisée.

Il a notamment dû se défendre ces derniers jours pour des propos controversés tenus à l'égard de la victime. Il avait notamment laissé entendre à l'agence de presse Bloomberg que les accusés n'étaient pas pleinement responsables de l'agression. Selon lui, le petit ami de la victime, qui se trouvait avec elle au moment du viol, est également à blâmer puisque le couple n'aurait pas dû être dehors à cette heure tardive. Il a ajouté qu'il n'avait jamais « vu un exemple de viol d'une femme respectée ».

Jeudi, il s'est expliqué en affirmant qu'il n'avait jamais voulu diffamer la victime et laisser entendre qu'elle n'était pas respectable.

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