D'ex-détenus d'Abou Ghraib indemnisés par une firme américaine

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Une image d'un détenu de la prison d'Abou Ghraib publié par le Washington Post en 2004. Une image d'un détenu de la prison d'Abou Ghraib publié par le Washington Post en 2004.  Photo :  PC/Anonymous

Une société de sécurité privée américaine, accusée de complicité dans les mauvais traitements infligés à des détenus de la prison d'Abou Ghraib en Irak, a versé 5,28 millions de dollars à quelque 70 anciens détenus.

La société Engility Holdings, une entreprise de la Virginie, a versé l'argent à ces détenus, il y a deux mois, pour qu'ils abandonnent les poursuites intentées contre sa filiale L-3 Services. Les plaignants reprochaient à l'entreprise d'avoir « soit participé, approuvé ou couvert la maltraitance de prisonniers par des responsables militaires des États-Unis ».

L-3 Services a fourni quelque 6000 interprètes à l'armée américaine dans ses opérations en Irak. 

« Le 5 octobre 2012, les plaignants et nous sommes tombés d'accord pour mettre un terme à la procédure judiciaire moyennant le paiement de 5,28 millions de dollars », précise L-3 Services dans un rapport financier remis à l'autorité de surveillance de la bourse américaine (la Securities and Exchange Commission des États-Unis).

C'est la première fois que les avocats d'anciens prisonniers obtiennent une indemnisation pour leurs clients.

Une autre société est également visée par les plaignants pour des motifs similaires. CACI devrait subir son procès au cours de l'été 2013.

La majorité des plaignants ont été torturés en 2003 à la prison d'Abou Ghraib, mais des sévices ont également été perpétrés jusqu'en 2007 dans plusieurs prisons irakiennes. La prison d'Abou Ghraib avait fait la manchette en 2004 lorsque des photos de soldats américains infligeant mauvais traitements et humiliations à des détenus avaient été publiées.

Initialement présentés par l'administration américaine comme des actes isolés, les mauvais traitements ont donné lieu à la condamnation de 11 soldats à des peines de plus de 10 ans de prison. L'enquête militaire menée en 2004 avait mis au jour 44 incidents au cours desquels des détenus avaient été agressés à la prison d'Abou Ghraib.

Malgré le scandale militaire, le département de la Justice n'a toutefois jamais inquiété les employés de l'entreprise L-3 Services. L'armée américaine n'a pas non plus empêché la société d'obtenir des contrats du gouvernement des États-Unis.

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