Le monde arabe en mutation

Syrie : Al-Assad propose un plan de paix, aussitôt rejeté par l'opposition

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Le reportage de Marie-Claude Dupont

Le président syrien, Bachar Al-Assad, a présenté dimanche les grandes lignes d'un nouveau plan de paix qui inclut la tenue d'une conférence sur la réconciliation nationale et la signature d'une nouvelle constitution. Une proposition rapidement rejetée en bloc par la Coalition de l'opposition syrienne.

Dans un rare discours à la nation, son premier depuis le mois de juin, le président a cependant prévenu que cette initiative pourrait seulement être mise en oeuvre si l'Occident et les pays de la région cessent de financer ceux qui se battent pour le renverser, qu'il a qualifiés de militants extrémistes.

Bachar Al-Assad a fait valoir que ses troupes se battaient contre des « criminels meurtriers » et des groupes djihadistes. Il a également nié qu'un soulèvement s'opérait contre le règne sans partage qu'exerce sa famille sur la Syrie depuis des décennies.

Le dirigeant s'est exprimé d'un ton ferme et a martelé que la Syrie n'accepterait d'ordres de personne.

Le porte-parole de la Coalition de l'opposition, Walid Al-Bounni, a affirmé à l'Agence France-Presse que l'opposition souhaitait « une solution politique, mais l'objectif pour les Syriens est de sortir [M. Al-Assad] et ils ont déjà perdu pour cela plus de 60 000 martyrs ».

« Ils n'ont pas fait tous ces sacrifices pour permettre le maintien du régime tyrannique. » — Walid Al-Bounni, porte-parole de la Coalition de l'opposition syrienne

À l'étranger, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a estimé que le discours du président syrien allait « au-delà de l'hypocrisie ». « Il est responsable des morts, de la violence et de l'oppression qui engloutissent la Syrie et ses vaines promesses de réformes ne trompent personne », a-t-il déclaré dans un message publié sur Twitter.

 L'Union européenne a exhorté Bachar Al-Assad à se retirer pour permettre « une transition politique ».

Enfin, Washington a indiqué que le discours de M. Assad « est une nouvelle tentative du régime pour s'accrocher au pouvoir » et que « son initiative est déconnectée de la réalité », selon la porte-parole de la diplomatie américaine, Victoria Nuland.

 

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