Irak : les manifestations antigouvernementales se poursuivent

Des manifestants à Ramadi brandissant un portrait d'Al-Maliki où on peut lire «Hypocrite, menteur, sectaire, voleur, traître»

Les Irakiens semblent suivre les pas des populations arabes qui se sont soulevées contre leurs régimes. La contestation contre le premier ministre Nouri Al-Maliki, un chiite, se poursuit depuis plus de deux semaines dans plusieurs régions du pays.

Vendredi, jour de prière, ils étaient des milliers de sunnites à être descendus dans les rues de plusieurs villes du pays. En revanche, à Bagdad, les manifestants rassemblés à l'intérieur de la mosquée Abou Hanifa ont été empêchés par les forces de l'ordre de sortir dans la rue.

Les manifestants réclament la libération des prisonniers, le respect des droits de l'homme et l'abrogation des lois antiterroristes. Les sunnites estiment que les lois antiterroristes visent uniquement les personnes de cette confession.

« Bagdad, libre, libre! Va-t-en Iran! » ont scandé les manifestants, accusant le gouvernement Al-Maliki d'être sous l'influence de l'Iran, pays voisin à grande majorité chiite.

Cependant, le mouvement de protestation essentiellement sunnite est appuyé par le puissant leader chiite Moqtada Sadr.

Ce dernier, contrairement aux moeurs, a assisté à la prière du vendredi dans une mosquée sunnite à Bagdad.

Parallèlement, d'imposantes manifestations ont eu lieu dans les provinces de Salaheddine, Diyala, Kirkouk et Ninive, au nord de la capitale.

Dans la province d'Al-Anbar, dans l'ouest du pays, les protestataires bloquaient toujours une autoroute reliant Bagdad à la Jordanie et la Syrie, pour le 12e jour consécutif.

Menaçant dans un premier temps, le premier ministre s'est ravisé en appelant les manifestants et la police à la retenue.

L'Iran marionnettiste?

Sorti de l'ombre, Ibrahim Al-Douri, l'ancien vice-président de Saddam Hussein, qui vit dans la clandestinité, a accusé dans une vidéo, diffusée par la chaîne Al-Arabiya, le gouvernement irakien dirigé par Nouri Al-Maliki de mettre en oeuvre « un projet perse [iranien] qui vise à diviser l'Irak en petits États ».

Il a annoncé que « la direction [qu'il préside] étudie la riposte ». Il a mis en garde « les traîtres, les collaborateurs et les espions qui appuient ce projet dangereux, ce crime de destruction de l'Irak ».

M. Al-Douri a également apporté son appui au mouvement de contestation dans le pays et a exhorté l'armée de ne pas « tirer sur les enfants du peuple, qu'ils soient sunnites, chiites ou chrétiens ».

« Complot », selon Téhéran

L'imam Mouwahidi Karamani, qui dirige la prière de vendredi à Téhéran, soit une voix autorisée du régime, estime que ce qui arrive en Irak est « un complot qui vise la division confessionnelle et ethnique entre les citoyens irakiens ». Il a accusé les puissances occidentales et l'Arabie saoudite d'être derrière les événements.

M. Karamani croit que la situation en Irak est « similaire à celle qui existait en Syrie il y a deux ans ».

« Les Occidentaux et leurs alliés n'ont pas accompli leur complot en Syrie et provoquent maintenant une division confessionnelle en Irak », a-t-il déclaré.

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