Les manifestations se multiplient contre le premier ministre irakien

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Manifestation à Ramadi, à l'ouest de Bagdad Manifestation à Ramadi, à l'ouest de Bagdad  Photo :  AFP/AZHAR SHALLAL

L'Irak vit une crise politique aiguë depuis plusieurs jours à tel point que la démission du premier ministre Nouri Al-Maliki est réclamée. Plusieurs manifestations ont eu lieu dans les villes à majorité sunnite comme Ramadi, Mossoul et Falloujah.

Dans la province d'Al-Anbar, une grève générale a été décrétée jusqu'à lundi. Des manifestants bloquent la route qui relie Bagdad à la Jordanie et la Syrie.

La principale revendication des manifestants est la libération de prisonniers arrêtés par les Brigades antiterroristes, qui dépendent directement du premier ministre Nouri Al-Maliki.

Les manifestants réclament également l'abrogation des lois antiterroristes, car ils estiment que celles-ci visent la minorité sunnite.

En réponse à cette revendication, le premier ministre s'est dédouané en invoquant le fait que les lois sont l'oeuvre du Parlement et non du gouvernement.

Le mouvement de protestation fait suite à l'arrestation pour « terrorisme » le 20 décembre d'au moins neuf gardes du ministre des Finances, Rifaa Al-Issawi, un sunnite souvent critiqué par ses collègues chiites du gouvernement.

Mais les manifestations ne sont pas uniquement le fait des sunnites. Des centaines de chiites, aussi bien de Bagdad que des provinces du sud, ont rejoint les manifestants.

Le leader chiite Moqtada Sadr, dont le parti compte 40 sièges au Parlement, a appuyé les manifestants et mis en garde le premier ministre de l'avènement d'un « printemps arabe » en Irak. Le pays a en effet jusqu'ici été épargné par la vague de contestation qui secoue les pays arabes depuis plus de deux ans.

Même le vice-premier ministre Salah El-Matlek a réclamé la démission du premier ministre Al-Maliki, qu'il a qualifié de dictateur, et l'organisation d'élections anticipées sous la supervision d'un gouvernement de transition.

Tentant d'apaiser le climat, un porte-parole de la justice a annoncé la libération de onze prisonnières, après que M. Maliki eut affirmé mardi que 700 détenues allaient être relâchées.

Une mort qui risque d'accentuer la crise

Des sunnites et chiites prient ensemble à Ramadi lors d'une manifestation commune. Des sunnites et chiites prient ensemble à Ramadi lors d'une manifestation commune.  Photo :  AFP/AZHAR SHALLAL

Par ailleurs, Athil Al-Noujaifi, gouverneur de la province de Ninive, a accusé les Brigades antiterroristes d'avoir tué son neveu de 10 ans mercredi.

Il a expliqué que son neveu se trouvait dans une voiture à Mossoul, chef-lieu de la province de Ninive, « en compagnie de ses frères, sur le chemin du retour de l'école » quand la « Brigade antiterroriste a ouvert le feu sur le véhicule et tué le jeune garçon devant tout le monde ».

La victime était le fils du colonel Khaled Al-Noujaifi, le chef des gardes du corps du président du Parlement, Oussama Al-Noujaifi, tous les deux frères du gouverneur.

Oussama Al-Noujaifi fait partie d'Iraqiya, un bloc laïque soutenu par les sunnites et membre de la fragile coalition gouvernementale. Mais M. Al-Noujaifi accuse le premier ministre d'accaparer le pouvoir.

Correspondants à l'étranger

Tous les correspondants

Facebook