Le monde arabe en mutation

Un journaliste américain est enlevé en Syrie

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et GlobalPost
James Foley à l'aéroport de Tripoli (Libye), en août 2011 James Foley à l'aéroport de Tripoli (Libye), en août 2011  Photo :  Jonathan Pedneault

Un journaliste indépendant américain a été enlevé il y a six semaines dans le nord de la Syrie, a révélé mercredi sa famille.

James Foley, 39 ans, fournissait des reportages sur le conflit syrien à l'AFP, au site américain GlobalPost et à de grandes chaînes américaines. Il aurait été arrêté près de la ville de Taftanaz, dans la province d'Idlib, par quatre hommes armés de kalachnikovs, qui ont ensuite relâché son chauffeur et son traducteur.

Ses proches n'ont reçu aucune nouvelle depuis et il n'y a eu aucune revendication.

La famille de James Foley avait demandé jusqu'à maintenant aux médias de garder le silence sur l'enlèvement en espérant que cela faciliterait sa libération.

« Nous voulons que Jim revienne à la maison sain et sauf, ou au moins, nous avons besoin de lui parler pour savoir qu'il va bien. [...] À ceux qui détiennent Jim, s'il vous plaît, contactez-nous, et nous pourrons oeuvrer à sa libération » — John Foley, père du journaliste enlevé

Selon l'Associated Press, un autre journaliste qui travaillait avec lui a également été kidnappé, mais son identité n'a pas été rendue publique.

James Foley est un reporter de guerre expérimenté qui a couvert de nombreux conflits au Moyen-Orient, notamment en Irak et en Libye. En 2011, il a été détenu en Libye pendant 43 jours par des forces proches de Mouammar Khadafi.

Le département d'État américain est au courant de l'enlèvement, mais sa porte-parole, Victoria Nuland, n'a donné aucune information sur les démarches entreprises par Washington pour obtenir la libération du journaliste.

Une région dangereuse

La région du nord de la Syrie est la scène d'intenses combats entre les rebelles et les forces gouvernementales. Un journaliste américain de la chaîne NBC News, Richard Engel, et trois membres de son équipe y ont été enlevés le 13 décembre. Ils ont retrouvé la liberté cinq jours plus tard lorsque leurs ravisseurs ont été interceptés par un groupe rebelle.

Les prises d'otages se sont multipliées ces derniers mois en Syrie. Les kidnappeurs peuvent être des forces loyales à Bachar Al-Assad ou liées aux services secrets, mais aussi des rebelles ou des groupes islamistes.

En 2012, la Syrie a été le pays le plus dangereux du monde pour les reporters, d'après le Comité pour la protection des journalistes. L'organisme fait état de 28 morts, dont les Français Gilles Jacquier et Remi Ochlik, ainsi que la Britannique Marie Colvin et la Japonaise Mika Yamamoto.

Les organes de presse déplorent l'attitude du gouvernement de Bachar Al-Assad, qui accorde difficilement des visas aux journalistes, les obligeant ainsi à se rendre clandestinement dans le pays pour couvrir le conflit.

Trois autres journalistes sont portés disparus ou considérés comme prisonniers en Syrie : Anhar Kochneva (Ukraine), Bachar Fahmi (Jordanie) et Austin Tice (États-Unis).

 

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