Les rebelles centrafricains acceptent de négocier

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Un homme bloque une route menant à la capitale en prévision d'une éventuelle offensive des rebelles à Bangui. Un homme bloque une route menant à la capitale en prévision d'une éventuelle offensive des rebelles à Bangui.  Photo :  AFP/SIA KAMBOU

Les rebelles du Séléka ont annoncé mercredi la suspension de leur offensive en direction de la capitale de la République centrafricaine, Bangui, ainsi que l'envoi d'une délégation pour participer aux négociations organisées à Libreville, au Gabon.

« J'ai demandé à nos forces de ne pas bouger de leurs positions à partir d'aujourd'hui parce que nous voulons participer aux discussions de Libreville pour trouver une solution politique », a déclaré le porte-parole du mouvement, Eric Massi, joint par téléphone à Paris.

« Je suis en discussion avec nos partenaires pour avancer des propositions afin de mettre fin à la crise, mais une solution pourrait être une transition politique dont le président [François Bozizé] serait exclu », a-t-il toutefois ajouté.

Quatre morts dans des heurts entre rebelles et villageois

Au moins, quatre personnes, dont deux rebelles du Séléka, ont été tuées dans des heurts qui ont éclaté au village Ngakobo, proche de Bambari, dans le centre de la République centrafricaine. Les affrontements seraient survenus après une tentative de pillage d'une sucrerie par les rebelles, selon ce que rapporte l'agence AFP.

De son côté, le général Jean-Félix Akaga, commandant de la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac) déployée en Centrafrique, a mis en garde les rebelles contre toute tentative de prendre la ville de Damara, où est positionnée la Fomac, à 75 km de la capitale.

« Nous ne céderons pas Damara, que ce soit clair. Si les rebelles attaquent Damara, c'est une déclaration de guerre, cela veut dire qu'ils ont pris la résolution d'engager les 10 États d'Afrique centrale. Je ne pense pas sincèrement qu'ils en arriveront là », a-t-il soutenu.

Le chef de l'État tchadien, Idriss Déby Itno, qui a notamment aidé le président Bozizé à prendre le pouvoir en 2003, avait déjà prévenu lundi que Damara constituait « une ligne rouge à ne franchir par aucune des deux parties ».

L'Union africaine (UA) a pour part averti les rebelles qu'ils seront sanctionnés et leur pays sera exclu des activités de l'organisation s'ils prennent le contrôle de la capitale.

Des soldats du Gabon s'apprêtent à se rendre en République centrafricaine pour participer à la Force multinationale africaine. Des soldats du Gabon s'apprêtent à se rendre en République centrafricaine pour participer à la Force multinationale.  Photo :  AFP/XAVIER BOURGOIS

Les pays d'Afrique centrale ont envoyé des renforts pour protéger la capitale centrafricaine. Les effectifs de la Force multinationale devraient atteindre 760 militaires à la fin de la semaine. Parmi ces troupes figurent 400 soldats tchadiens, déployés à Damara, où ils bloquent le passage des rebelles.

La France, ancienne puissance coloniale, dispose quant à elle de près de 600 soldats sur place pour protéger et éventuellement évacuer ses ressortissants.

La rébellion du Séléka a déclenché une offensive le 10 décembre dernier et contrôle déjà une grande partie du pays. Les insurgés réclament le départ du président François Bozizé, l'accusant d'avoir enlevé des personnes soupçonnées d'être sympathiques à leur cause.

La République centrafricaine, qui compte environ 4,4 millions d'habitants, a traversé des décennies de révoltes militaires, de coups d'État et de rébellions après avoir obtenu son indépendance dans les années 1960 et demeure l'un des pays les plus pauvres au monde malgré ses nombreuses richesses naturelles.

Les rebelles du Séléka ont signé un accord de paix avec le gouvernement en 2007, ce qui leur a permis d'être intégrés à l'armée régulière. Ils accusent aujourd'hui le gouvernement de ne pas avoir complètement appliqué l'accord.

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