Le Canada n'écarte pas de s'impliquer militairement dans le conflit au Mali

Des islamistes du groupe Ansar Dine, au Mali

Le gouvernement canadien songe à envoyer des militaires canadiens pour entraîner une force africaine dont la mission serait de reprendre une vaste portion du Mali sous l'emprise d'une branche d'Al-Qaïda.

Le ministre de la Défense, Peter MacKay, a expliqué dimanche à Halifax que des discussions importantes avaient cours sur le type d'aide militaire qui pourrait être offerte par le Canada dans ce secteur.

Les Nations unies ont décidé récemment d'appuyer une proposition de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CÉDÉAO) pour l'envoi de 3300 soldats dans la région.

Les forces spéciales canadiennes ont pris part au Mali à plusieurs missions de formation avant le coup d'État de mars dernier ayant mis en place un gouvernement intérimaire chancelant. Le nord du pays est tombé aux mains de rebelles islamistes liés à Al-Qaïda dans le chaos qui a suivi le coup d'État dans la capitale.

«Nous ne sommes pas au point de faire une annonce, mais comme vous le savez, les forces canadiennes sont particulièrement aptes à procéder à des missions de formation», a souligné M. MacKay.

«Nous l'avons démontré à maintes reprises dans notre histoire, mais la mission de formation en Afghanistan est certainement un symbole de cet engagement et de cette capacité, et quelque chose qui a suscité l'admiration des pays concernés mais aussi d'autres pays qui s'inspirent des techniques canadiennes.»

Le Mali, bordé par l'Algérie et le Niger, a été l'un des plus importants bénéficiaires de l'aide étrangère du Canada.

La France a été à l'avant-plan de l'organisation de l'aide, incluant ce projet d'unité internationale, dirigée par des forces africaines, qui pourrait être formée par des troupes occidentales. Le premier ministre malien, Diango Cissoko, a appelé la semaine dernière à une intervention militaire «dès que possible».

Le Canada pourrait aussi fournir de l'aide sur le plan des communications, des services de renseignement ou du transport aérien. Mais c'est dans le secteur des forces spéciales, plus spécifiquement la formation antiterrorisme, que les militaires canadiens ont plus de chances d'apporter une contribution dans l'immédiat.

Des notes pour le commandement des forces spéciales du pays montrent que des membres d'un régiment ultrasecret hautement spécialisé ont mené au moins trois missions de formation au Mali entre 2010 et 2011. 

Selon la note du 27 septembre 2011, adressée au brigadier-général Denis Thompson, chacune de ces missions comptait des membres du Régiment d'opérations spéciales du Canada (ROSC) parmi des unités de formation d'autres pays. Le document mettait alors l'emphase sur le fait que ceux-ci ne prendraient part à aucun combat.

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