Le monde arabe en mutation

Lakhdar Brahimi a rencontré Bachar Al-Assad à Damas

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Lakhdar Brahimi et le président Bachar Al-Assad lors de leur rencontre lundi Lakhdar Brahimi et le président Bachar Al-Assad lors de leur rencontre lundi  Photo :  AFP

L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, a rencontré lundi le président syrien, Bachar Al-Assad, à Damas.

C'est la troisième fois que les deux hommes se rencontrent. M. Brahimi a indiqué aux journalistes qu'il avait donné son point de vue au président syrien sur la manière de résoudre la crise qui ensanglante la Syrie depuis près de deux ans.

« Je lui ai parlé de ce que je voyais à l'étranger et des réunions que j'avais tenues avec des dirigeants de la région et d'ailleurs », a-t-il déclaré sans donner plus de précisions. Mais selon le quotidien français Le Figaro, le diplomate a transmis au président syrien le plan de sortie de crise russo-américain.

Ce plan prévoit la constitution d'un gouvernement de transition, formé de ministres acceptés aussi bien par le pouvoir syrien que par l'opposition.

Ce gouvernement dirigera le pays avec tous les pouvoirs, alors que le président Assad resterait à la tête du pays jusqu'à la fin de son mandat en 2014, sans prérogatives. De plus, il n'aura pas la possibilité de se représenter lors des élections présidentielles, en 2014.

Le Figaro, qui cite une source diplomatique, rapporte que le président Assad accepte l'idée de gouvernement de transition, mais qu'il tient à se présenter à la présidentielle.

De son côté, l'opposition a rejeté le plan. Haïtham Al-Maleh, le chef du Conseil pour la révolution syrienne, a déclaré à la chaîne Al-Jazira : « Comment est-il possible de récompenser un criminel [Al-Assad] en le maintenant au pouvoir? »

La Coalition nationale syrienne, qui regroupe plusieurs factions de l'opposition syrienne, refuse toute négociation avec Al-Assad et avec « ceux dont les mains sont tachées de sang ».

L'armée syrienne accuse les rebelles

L'armée syrienne a justifié, lundi, un bombardement meurtrier survenu la veille sur la ville de Halfaya en expliquant qu'elle ne faisait que répliquer à une attaque terroriste.

L'agence officielle faisant état d'une attaque contre des femmes et enfants de Halfaya de la part d'un « groupe terroriste », évènement rapporté par des résidents de la ville du centre de la Syrie.

Plus de 60 personnes ont trouvé la mort lors d'un bombardement aérien mené devant une boulangerie. Une centaine de personnes faisaient la file devant le commerce, après des jours de pénurie de farine. 

La ville de Halfaya, dans la province d'Hama, est aux mains des rebelles depuis la semaine dernière. Certains groupes d'activistes accusent le régime du président Bachar Al-Assad d'attaquer les civils pour se venger des défaites subies récemment en s'en prenant aux populations civiles qui appuient les rebelles.

Cette attaque pourrait être l'une des plus meurtrières depuis le début de la guerre civile syrienne.

L'Occident à blâmer

Le Conseil national syrien (CNS), coalition de l'opposition qui fait figure d'interlocuteur officiel pour la Syrie pour certains pays, a de son côté accusé l'immobilisme de la communauté internationale pour expliquer l'attaque. Il a estimé que le manque de soutien envers le peuple syrien est à blâmer.

De plus, le CNS croit que la violence de l'attaque démontre que le régime en place perd le contrôle du pays.

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