Selon les premières estimations non officielles en Égypte, la nouvelle constitution appuyée par le président et les islamistes devrait être adoptée malgré la forte opposition de groupes qui affirment que le projet ouvre la voie à l'islamisation du pays.
Après le dépouillement de 8,1 millions de voix, 71 % des bulletins sont favorables au projet du président Mohamed Morsi, ont déclaré les Frères musulmans, liés au pouvoir.
Le Front du salut national, une coalition opposée à la constitution, a elle aussi reconnu que le « oui » devrait gagner.
« Ils dirigent le pays, organisent le vote et influencent les gens, à quoi d'autre pouvions-nous nous attendre? », s'est interrogé un responsable de la coalition.
En dépit de ces premières estimations, les résultats officiels du référendum pourraient ne pas être connus avant lundi.
Les Égyptiens votaient samedi pour la deuxième phase d'un référendum sur un projet de constitution controversé. Lors du premier tour du scrutin, le vote en faveur de la constitution avait remporté 57 % des suffrages, selon des résultats non officiels.
Le Front du salut national a déposé plusieurs plaintes pour irrégularités à l'issue du premier tour, mais la commission électorale n'en a pratiquement pas tenu compte.
Les partisans et opposants à la constitution ont manifesté vendredi dans les provinces qui votaient samedi. À quelques heures de la consultation, des affrontements ont eu lieu à Alexandrie. Des milliers d'islamistes favorables au président Mohamed Morsi et des opposants qui dénonce un projet de constitution trop influencé par l'islam et qui ne protégerait pas assez les droits des femmes et des minorités se sont lancé des pierres après la grande prière du vendredi.
L'opération de vote s'est néanmoins déroulée dans le calme samedi. Mais l'opposition a de nouveau rapporté des irrégularités et une ouverture tardive de certains bureaux de vote, y voyant une manoeuvre des autorités pour décourager les opposants au projet de constitution.
Par ailleurs, dans la nuit de vendredi à samedi, la présidence de la République a annoncé que le président Morsi avait approuvé la nomination de 90 personnalités au Conseil consultatif qui héritera du pouvoir législatif en cas d'adoption de la constitution. Aucun membre de l'opposition ne figure sur cette liste.