L'ONU autorise le déploiement d'une force internationale au Mali

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Des manifestants demandent à l'ONU d'intervenir dans le Nord-Mali à Bamako, le 8 décembre. Des manifestants demandent à l'ONU d'intervenir dans le Nord-Mali à Bamako, le 8 décembre.  Photo :  AFP/HABIBOU KOUYATE

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a finalement adopté jeudi à l'unanimité une résolution qui autorise, « pour une période initiale d'un an », le déploiement d'une force internationale de 3300 soldats au Mali.

La résolution 2085, qui ne fixe pas de calendrier précis pour le déclenchement d'une offensive au Nord-Mali, a été élaborée par la France, le Royaume-Uni, le Maroc et le Togo. L'objectif est de chasser les groupes islamistes extrémistes qui contrôlent cette région depuis six mois.

Le texte comporte un volet politique appelant Bamako à lancer un « dialogue politique pour rétablir pleinement l'ordre constitutionnel », et notamment en organisant des élections présidentielles et législatives avant avril 2013. Il demande également aux autorités de transition d'engager des négociations avec certains groupes armés, en particulier les Touareg, qui avaient lancé l'offensive dans le Nord, avant d'en être évincés par les groupes islamistes armés liés à Al Qaïda.

Pas avant l'automne 2013

Pour le volet militaire, la résolution prévoit « deux étapes » : reconstruire l'armée malienne, fragilisée depuis sa débâcle face aux islamistes, et entraîner les troupes de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) qui composeront la Mission internationale de soutien au Mali (MISMA).

Avant son déploiement, il faudra que le Conseil de sécurité s'estime « satisfait » de l'état de préparation de cette force, à partir de certains critères précis (entraînement, efficacité de la structure de commandement, équipement, adaptation au terrain).

Des responsables de l'ONU et des diplomates estiment que la reconquête de cette partie du pays ne pourra pas commencer avant l'automne 2013, pour des raisons climatiques et de préparation.

Le coup d'État du 22 mars a précipité la chute du nord du pays aux mains de groupes islamistes. Ces derniers l'occupent entièrement depuis juin et y imposent une interprétation rigoriste de la charia.

Carte du mali
Obama retire au Mali son statut de partenaire commercial privilégié

Le président américain a décidé de retirer au Mali et à la Guinée-Bissau leur statut de partenaire commercial privilégié des États-Unis, a annoncé jeudi la Maison-Blanche. Barack Obama sanctionne ainsi ce qu'il estime être un recul de la démocratie dans ces pays d'Afrique.

M. Obama a toutefois accordé ce statut au jeune État du Soudan du Sud, à l'occasion de la révision annuelle de la liste du programme Agoa (Africa Growth and Opportunity Act), qui prend en considération les avancées ou les reculs démocratiques des pays africains concernés.

Ce programme, instauré par le Congrès en 2000, facilite les exportations africaines vers les États-Unis, pour soutenir le développement économique, mais aussi les réformes en Afrique subsaharienne.

 

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