France-Algérie : Le mea culpa de François Hollande

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Le président Français François Hollande lors d'un discours au Parlement algérien

Un demi-siècle après l'indépendance de l'Algérie, le président français a dénoncé le système colonial « injuste et brutal » instauré en Algérie par la France.

François Hollande a reconnu les « souffrances » du peuple algérien dans une déclaration solennelle depuis le Parlement algérien dans le cadre d'une visite de 36 heures, la première dans ce pays depuis son accession à l'Élysée.

« Pendant 132 ans, l'Algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutal. Ce système a un nom : c'est la colonisation. » — Le président français François Hollande

Pour François Hollande, la relation franco-algérienne à laquelle il aspire doit reposer sur un « socle de vérité », car « rien ne se construit sur des dissimulations, dans l'oubli ou le déni ». Et cette vérité passe par la reconnaissance des « injustices », des « massacres » et de « la torture ».

François Hollande a reconnu que le massacre de Sétif perpétré le 8 mai 1945 avait eu lieu le jour même où, dans le monde, triomphaient la liberté et la justice. Il a précisé que la France avait alors manqué à ses valeurs universelles. Il a également évoqué ceux de Guelma et de Kherrata, qui demeurent de la même manière « ancrés dans la mémoire et dans la conscience des Algériens ».

Le 17 octobre, le président français reconnaissait la répression « sanglante » d'octobre 1961 qui a coûté la vie à plusieurs dizaines de manifestants algériens à Paris.

Voulant ouvrir une nouvelle page avec les Algériens, François Hollande a promis un meilleur accueil aux demandeurs de visas. « Nous avons besoin que se poursuivent et même s'amplifient les allers-retours des étudiants, des entrepreneurs, des artistes, des familles, bref tous ceux qui animent la relation » entre la France et l'Algérie, a-t-il souligné.

Il s'est adressé aux jeunes en promettant d'autres ouvertures notamment en en direction des étudiants algériens. Il a évoqué la mise en oeuvre à l'échelon méditerranéen d'un système d'échanges universitaires similaire à Erasmus, le programme européen d'échange d'étudiants, ou la création de quatre instituts d'enseignement supérieur de technologie algériens.

En contrepartie, la France attend de l'Algérie « qu'elle ouvre plus largement ses portes aux Français qui souhaitent se rendre sur votre territoire », a rappelé François Hollande.

Le président français a évoqué ceux qui « ont des souvenirs, des attaches familiales, affectives ou des projets professionnels ou personnels à réaliser », faisant allusion aux pieds noirs et aux harkis notamment.

Ces derniers avaient fait le choix de la France avant et après l'indépendance de l'Algérie avant d'être abandonnés par les autorités françaises.

Un discours diversement accueilli

Le président français « n'a occulté ni le passé ni l'avenir, a estimé Mourad Medelci, chef de la diplomatie algérienne.

En France, le Front national estime que le président s'est mis « à plat ventre » devant le Parlement algérien.Pour Thierry Mariani, député UMP, des Français de l'étranger, demande pourquoi François Hollande n'a pas mis les souffrances des deux peuples sur le même pied.

En revanche, le Parti communiste français, qui a soutenu les indépendantistes algériens, juge qu'il y a un goût de trop peu. « François Hollande a fait la moitié du chemin nécessaire », dit-il dans un communiqué

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