88 journalistes ont été tués en 2012, assassinés ou victimes d'attentats

Gaétan Pouliot
Radio-Canada
Un journaliste observe un immeuble touché par une frappe israélienne à Gaza

L'année a été meurtrière pour les journalistes. Quatre-vingt-huit d'entre eux ont été tués dans le monde en 2012, selon le bilan annuel de Reporters sans frontières (RSF) dévoilé mercredi.

Les journalistes ont été victimes d'attentats lors de la couverture de conflits ou ont été assassinés par des groupes liés au crime organisé, des milices islamistes ou sur ordre d'officiels corrompus », soutient l'ONG, notant qu'il s'agit de l'année la plus meurtrière depuis 1995, année où elle a commencé à publier ce bilan. Quarante-sept journalistes-citoyens ont aussi été tués.

Sans surprise, c'est en Syrie où une guerre civile fait rage que le plus grand nombre de journalistes sont morts. Qualifiant ce pays de « cimetière des acteurs de l'information », RSF y dénombre 17 journalistes morts dans le cadre de leurs fonctions, alors que 44 citoyens-journalistes et 4 collaborateurs des médias ont été tués.

« En Syrie, la répression sanglante menée par Bashar Al-Assad s'est abattue sur les acteurs de l'information, témoins gênants d'exactions commises par un régime aux abois. » — Rapport de Reporter sans frontières

Parmi les autres régions où plusieurs journalistes ont été durement touchés, on retrouve la Somalie (18 morts), le Pakistan (9 morts), le Mexique (6 morts) et le Brésil (5 morts).

L'année dernière, RSF rapportait que 67 journalistes avaient été tués dans le cadre de leurs fonctions.

Derrière les barreaux

Des journalistes toujours en vie ont aussi eu la vie dure en 2012. « Jamais les geôles n'ont enfermé autant de journalistes. Au moins 193 d'entre eux sont détenus pour leurs activités, auxquels il faut ajouter au moins 130 [journalistes citoyens] engagés dans des actions d'information », se désole RSF.

La Turquie détient le triste record d'emprisonnement de journalistes, avec 42 journalistes en prison en raison de leurs activités professionnelles. La Chine, l'Érythrée et la Syrie sont aussi montrées du doigt dans le rapport.

Reporter sans frontières souligne par ailleurs que les enlèvements de journalistes sont en légère baisse, sauf en Asie et dans les Amériques.

2012 en chiffres, selon RSF :

  • 38 journalistes enlevés
  • 73 journalistes ont fui leur pays
  • 88 journalistes tués
  • 193 journalistes emprisonnés
  • 879 journalistes arrêtés ou interpellés
  • 1993 journalistes agressés ou menacés

Méthodologie

Pour établir ces chiffres, Reporters sans frontières se fonde sur des données précises, collectées tout au long de l'année grâce à son activité de veille des violations de la liberté de l'information. Sont inclus dans ces statistiques les journalistes et les [journalistes citoyens] ayant trouvé la mort dans le cadre de leur travail d'information. Les journalistes ou [journalistes citoyens] tués dans le cadre d'activités strictement politiques ou militantes, en tout état de cause sans lien avec une démarche d'information, ne sont pas pris en compte par Reporters< sans frontières.

Source : Reporter sans frontières

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