La CPI acquitte un ex-milicien congolais

Mathieu Ngudjolo Chui Mathieu Ngudjolo Chui  Photo :  AFP/ROBIN VAN LONKHUIJSEN

Faute de preuve, la Cour pénale internationale (CPI) a acquitté mardi l'ex-chef de milice congolais, Mathieu Ngudjolo Chui.

Il était accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité pour une tuerie en 2003 d'un village de la République démocratique du Congo, qui avait fait 200 morts.

Au regard des éléments contenus dans le dossier de l'accusé, les juges de la CPI n'ont pu prouver que l'accusé était le chef du groupe qui a attaqué le village.

Le juge Bruno Cotte a indiqué que les trois témoins clés de l'accusation n'étaient pas crédibles et leurs déclarations ont une « très faible valeur probante ».

Les juges ont ordonné la libération de Mathieu Ngudjolo Chui malgré une demande de maintien en détention de la part du bureau du procureur, qui souhaite faire appel, de l'acquittement et de la remise en liberté. Si ce dernier est accepté, M. Ngudjolo pourrait rester détenu jusqu'à la conclusion du procès en appel.

C'est le premier acquittement prononcé par la Cour, qui n'avait à ce jour mené qu'un seul procès à terme, celui du chef de l'Union des patriotes congolais (UPC) de Thomas Lubanga, une milice ennemie de celle de Mathieu Ngudjolo Chui. M. Lubanga avait été condamné à 14 ans de prison.

Mathieu Ngudjolo Chui a été arrêté une première fois en 2003 par des Casques bleus de l'ONU, mais l'armée congolaise l'a ensuite recruté, dans le cadre des mesures d'intégration des anciens rebelles.

Après avoir été nommé colonel en 2006, il a néanmoins été arrêté à nouveau en 2008 à Kinshasa et remis à la CPI.

Les affrontements interethniques entre milices qui se disputaient les terres de la région, où est situé le village massacré, riche en ressources naturelles, dont l'or ou le pétrole, avaient débuté en 1999 et ont, selon l'accusation, « dévasté » la zone. Selon les ONG, ces violences ont fait plus de 60 000 morts.

La CPI

La Cour pénale internationale est un tribunal permanent chargé de juger des crimes de guerre, des crimes de génocide et des crimes contre l'humanité ayant une portée internationale.
Liée à l'ONU, la CPI est née le 1er juillet 2002 et son siège est à La Haye, aux Pays-Bas.
Le fonctionnement de ce tribunal est régi par le Statut de Rome signée en 1998.
À ce jour, 121 pays sur les 193 qui composent l'ONU ont ratifié le Statut de Rome et acceptent ainsi l'autorité de ce tribunal.
La CPI juge les individus et pas les États.

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