Nouvelle expansion prévue d'une colonie juive à Jérusalem-Est

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
La colonie juive de Ramat Shlomo, à Jérusalem-Est. La colonie juive de Ramat Shlomo, à Jérusalem-Est.  Photo :  AFP/AHMAD GHARABLI

Un comité du ministère israélien de l'Intérieur a donné son feu vert lundi à la construction de 1500 logements supplémentaires à Ramat Shlomo, une colonie juive construite à Jérusalem-Est. Cette nouvelle soulève la colère des Palestiniens, qui veulent faire de ce quartier occupé et annexé la capitale de leur État.

Une porte-parole du ministère de l'Intérieur, Efrat Orbach, a fait savoir qu'il ne s'agit pas là d'une approbation définitive. « Le plan doit être présenté à nouveau et remplir les conditions pour obtenir une approbation finale », a-t-elle expliqué, en soulignant que le projet initial prévoyait la construction de 100 logements de plus.

« Cela pourrait encore prendre des mois ou des années », a-t-elle ajouté.

L'Autorité palestinienne n'a pas tardé à annoncer qu'elle compte saisir le Conseil de sécurité de l'ONU de l'affaire.

Selon un porte-parole du président Mahmoud Abbas, Nabil Adou Roudeina, la direction palestinienne « est sur le point de prendre des mesures importantes et nécessaires contre la colonisation israélienne, parmi lesquelles le recours au Conseil de sécurité de l'ONU, pour empêcher l'application de ces décisions. »

Le négociateur palestinien Saëb Erakat a pour sa part condamné cette décision. Il a accusé l'État hébreu de « poursuivre sa politique d'expansion en sapant un peu plus l'idée d'une solution à deux États » dans la région.

« Ce sont des initiatives très dangereuses et très inquiétantes. Le gouvernement israélien prouve sa détermination à s'opposer à la volonté de la communauté internationale », a-t-il dit.

Le plan d'expansion de la colonie de Ramat Shlomo a déjà soulevé la controverse. Il avait été dévoilé le 9 mars 2010, dans le cadre d'une visite en sol israélien du vice-président américain Joe Biden.

L'affaire avait déclenché une crise diplomatique entre le gouvernement du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou et l'administration Obama, qui avait condamné le plan d'expansion de la colonie.

Le gouvernement Nétanyahou est déjà critiqué sur la scène internationale pour avoir approuvé la construction de 3000 nouvelles habitations à Jérusalem-Est dans la foulée de l'accession de la Palestine au statut d'État observateur à l'ONU.

Israël considère Jérusalem comme sa capitale « unifiée et indivisible ». La communauté internationale ne reconnaît cependant pas la décision d'Israël d'annexer Jérusalem-Est au terme de la guerre des Six Jours, en 1967.

La résolution 242 adoptée par le Conseil de sécurité de l'ONU en novembre de la même année a d'ailleurs exigé le « retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés » au cours de ce conflit, demande à laquelle Israël ne s'est jamais plié.

La colonisation israélienne en Cisjordanie est l'une des principales pommes de discorde entre Israël et l'Autorité palestinienne. Les dernières négociations de paix se sont d'ailleurs effondrées à l'automne 2010 après qu'un moratoire sur la colonisation israélienne en Cisjordanie eut expiré.

Quelque 340 000 Israéliens habitent dans des colonies juives en Cisjordanie, et 200 000 autres dans des quartiers de colonisation à Jérusalem-Est.

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