Le monde arabe en mutation

Syrie : l'armée bombarde le camp de réfugiés palestinien de Damas

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Le récit de Marie-Claude Dupont

L'aviation syrienne a bombardé pour la première fois le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, à Damas, franchissant une nouvelle étape dans sa guerre pour chasser les rebelles de la capitale.

Selon des activistes de l'opposition, au moins 25 personnes ont été tuées dans le raid qui a visé, d'après des habitants, une mosquée où quelque 600 déplacés avaient trouvé refuge.

Une vidéo mise en ligne par des militants montre plusieurs corps ensanglantés et déchiquetés devant l'entrée de cette mosquée.

L'aviation a également bombardé plusieurs quartiers du sud de Damas, le régime menant une vaste campagne militaire pour chasser les rebelles de la capitale et écraser leurs bases arrière dans les banlieues de la métropole.

Yarmouk est le plus grand camp palestinien de Syrie, longtemps considéré comme une zone sûre pour les déplacés. Il est situé à la lisière de la banlieue sud, depuis laquelle les rebelles tentent de progresser dans la capitale.

Un militant sur place a estimé que « le raid aérien [avait] eu lieu parce que l'Armée syrienne libre (ASL, rebelles) progressait dans le camp », faisant état de violents affrontements entre rebelles et combattants palestiniens du Front populaire de Libération de la Palestine d'Ahmad Jibril (FPLP-CG, pro-régime syrien).

Le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé dimanche à l'arrêt immédiat des bombardements sur les camps palestiniens en Syrie, à la suite du raid. « Nous appelons toutes les parties belligérantes en Syrie à épargner les Palestiniens et leurs camps en Syrie », a déclaré M. Abbas dans un communiqué diffusé par l'agence officielle palestinienne WAFA.

Les 500 000 Palestiniens de Syrie, restés un temps en dehors des affrontements entre rebelles et forces pro-régime qui déchirent le pays depuis 21 mois, sont désormais entrés dans le conflit, malgré les appels du régime et d'organisations internationales à rester neutres.

Ils sont toutefois divisés sur la question, certains ayant même pris les armes dans les deux camps opposés.

Les combats se poursuivent

Sur le terrain, 52 personnes ont péri à travers le pays dimanche, selon un bilan provisoire de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Parmi elles, 24 civils et huit rebelles ont trouvé la mort dans la seule région de Hama (centre), en proie aux combats et aux bombardements.

Samedi, 158 personnes avaient été tuées, selon l'OSDH, qui a recensé plus de 43 000 morts depuis le début du conflit en mars 2011.

Par ailleurs, une faction islamiste des rebelles syriens aurait pris une base d'infanterie à Alep, selon des combattants. Il s'agit de la deuxième capture par les rebelles d'un site important de l'armée syrienne à Alep depuis une semaine.

Les États-Unis, l'Allemagne et les Pays-Bas, seuls pays de l'OTAN à posséder des Patriot, vont quant à eux déployer prochainement, six batteries de missiles et plus d'un millier de soldats sur le territoire turc, alors qu'Ankara dit redouter un débordement du conflit sur son territoire.

Cette décision a été prise alors qu'une centaine de pays reconnaissaient la semaine dernière la nouvelle opposition syrienne comme représentante « légitime » du peuple syrien.

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