La droite japonaise triomphe aux élections législatives

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Le Parti libéral démocratique de Shinzo Abe (à droite) a remporté les élections législatives du 16 décembre au Japon. Le Parti libéral démocratique de Shinzo Abe (à droite) a remporté les élections législatives du 16 décembre au Japon.  Photo :  PC/AP/Junji Kurokawa

Les conservateurs du Parti libéral démocratique (PLD) ont remporté dimanche la majorité absolue à la chambre des députés lors des élections législatives japonaises.

Déçus par trois ans de pouvoir du centre gauche, les Japonais ont porté au pouvoir le PLD de Shinzo Abe, ancien premier ministre.

Selon des sondages de la télévision publique NHK à la sortie des bureaux de vote qui ont fermé à 20 h, heure local, le PLD a emporté 275 à 310 des 480 sièges en jeu lors de ces élections auxquelles participaient une douzaine de partis. Les grandes télévisions privées ont fourni des estimations comparables.

Plus de 100 millions de Japonais étaient appelés aux urnes. Le taux de participation a été de 59,5 %, un chiffre exceptionnellement bas.

Relancer le nucléaire et l'économie

Le PLD souhaite voir redémarrer des réacteurs nucléaires malgré le traumatisme causé par l'accident de Fukushima de mars 2011. Il prône aussi un assouplissement des politiques monétaire et budgétaire pour relancer l'économie nippone. Il s'agira également d'un gouvernement plus nationaliste alors que subsistent des tensions avec la Chine voisine.

D'ailleurs, peu après la victoire de son parti, le probable futur premier ministre a averti la Chine que les îles Senkaku revendiquées par Pékin appartenaient au Japon.

Les électeurs ont donc tourné le dos au Parti démocratique du Japon (PDJ), qui a été propulsé au pouvoir en 2009, mais n'a pas livré la marchandise sur une série de promesses électorales. Les Japonais étaient également préoccupés par la campagne menée par le premier ministre sortant, Yoshihiko Noda, pour doubler la taxe de vente.

Celui-ci a reconnu dimanche la défaite de son parti.

Retour au pouvoir

Le PLD, qui a dirigé le Japon quasiment sans interruption de la fin des années 1950 à 2009, signe ainsi un retour fracassant à la faveur de cette élection anticipée convoquée en novembre par le premier ministre Yoshihiko Noda après avoir été mis en minorité.

Le PLD pourrait même décrocher la majorité qualifiée des deux tiers avec son allié centriste du Nouveau Komeito (27 à 35 sièges) ce qui faciliterait la tâche de la future coalition pour gouverner face à un Sénat sans majorité claire.

Connu comme un faucon en politique étrangère et ancien premier ministre (2006-2007), Shinzo Abe s'est voulu prudent dans ses engagements. Les Japonais, lassés de l'instabilité chronique - six premiers ministres en six ans - ont éjecté le PDJ mais n'ont pas voté avec enthousiasme pour le PLD.

Le Japon doit faire face à une population vieillissante et en déclin, une dette nationale massive, aux impacts du séisme de 2011 et de la concurrence intensifiée de voisins asiatiques comme la Corée du Sud, Taiwan et la Chine, qui ont tous des disputes territoriales avec le Japon.

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