Le monde arabe en mutation

Syrie : série d'attentats à Damas, adoubement de l'opposition à Marrakech

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Le compte rendu de Joyce Napier

Alors qu'une série d'attentats fait 11 morts dans la capitale syrienne, la Coalition nationale syrienne, qui regroupe une partie de l'opposition, est reconnue comme représentante « légitime » du peuple syrien.

« Les amis de la Syrie », regroupant une centaine de pays réunis à Marrakech, au Maroc, avec l'opposition syrienne, estiment que le président Bacha Al-Assad « perdu toute légitimité et devrait renoncer [au pouvoir] afin de permettre le déclenchement d'un processus politique de transition ».

Mais lors de cette rencontre, un point a assombri quelque peu le tableau. Ahmed Moaz Al-Khatib, le chef de la Coalition nationale syrienne, a exhorté les États-Unis à réexaminer leur décision de placer le groupe Front Al-Nousra, qui a revendiqué plusieurs attentats suicides, sur la liste des organisations terroristes.

M. Al-Khatib a expliqué que la religion était une source de motivation légitime pour renverser Bachar Al-Assad.

Au terme de cette réunion, l'Arabie saoudite a annoncé l'octroi de 100 millions de dollars à l'opposition. Pour leur part, les Occidentaux affirment qu'ils n'ont toujours pas l'intention de fournir des armes à l'opposition.

Le ministre des Affaires étrangères John Baird a annoncé mercredi des fonds supplémentaires de 15 millions de dollars d'aide humanitaire pour les réfugiés syriens dans les pays voisins.

Contrairement aux États-Unis et aux pays européens et arabes, le Canada n'a pas reconnu la nouvelle opposition au régime comme seuls représentants légitimes du peuple syrien.

M. Baird a indiqué que le Canada veut que l'opposition réponde à deux critères avant de lui accorder la reconnaissance officielle : premièrement, que tous les groupes, comme les Kurdes, les chrétiens, et les musulmans sunnites et chiites aient une place dans l'avenir de la Syrie, et deuxièmement, que les djihadistes radicaux au sein des rebelles soient mis de côté.

Attentats à Damas

Pendant ce temps, une série d'attentats a fait au moins 11 morts à Damas. Trois attentats ont visé le ministère de l'Intérieur, faisant sept morts et 50 blessés.

En soirée, l'explosion d'une bombe dans un minibus a fait trois morts et 20 blessés dans le secteur 86 du quartier de Mazzé, également dans l'ouest de Damas, et habité par des alaouites, la minorité religieuse dont est issu le président Bachar al-Assad.

En outre, dans le nord-ouest de Damas, une explosion a secoué le quartier de Doumar al-Gharbi, suivie de tirs nourris, sans faire de victimes.

Deux bombes magnétiques posées sur des véhicules ont explosé simultanément sur un parking situé derrière l'ancien palais de Justice dans le quartier de Qanawat à Damas, faisant un blessé et des dégâts matériels.

Une personne a été tuée et cinq blessées par deux bombes à Jaramana, une localité pro-régime où vivent en majorité des Druzes et des chrétiens, située au sud-est de Damas.

Traces d'un des attentats à Damas Traces d'un des attentats à Damas  Photo :  AFP

« Des Scud sont tombés en Syrie »

Selon ce que rapporte un responsable américain ayant requis l'anonymat, le régime syrien aurait tiré des missiles Scud contre les rebelles qui tentent de chasser du pouvoir Bachar Al-Assad. « Des Scud sont tombés en Syrie », a-t-il déclaré à l'AFP

Jusqu'à maintenant, Washington s'était contenté de dire que le régime de Damas utilisait des « missiles » et des bombes incendiaires contre ses opposants, sans préciser davantage quant au type d'armement employé.

« L'idée même que le régime syrien puisse lancer des missiles sur son propre peuple, à l'intérieur de ses frontières, est une escalade militaire stupéfiante, désespérée et totalement disproportionnée », avait déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney.

Mandat d'arrêt contre Hariri

La Syrie a lancé un mandat d'arrêt contre l'ancien premier ministre libanais Saad Hariri pour « crimes terroristes » en l'accusant de financer et d'armer les rebelles qui cherchent à renverser le président syrien Bachar Al-Assad.

Damas précise avoir lancé deux autres mandats contre Oqab Saqr, membre du Courant du Futur de Saad Hariri, et contre l'opposant syrien Louay Meqdad.

En privé, des rebelles syriens affirment que des responsables politiques libanais, parmi lesquels Oqab Saqr, installé en Turquie depuis des mois, participent à l'acheminement d'armes en provenance de tierces parties à destination des insurgés.

Un enregistrement téléphonique entre Oqab Saqr et Louay Meqdad, où ils semblent discuter de fourniture d'armes, a été diffusé par une chaîne libanaise.

M. Saqr affirme qu'il s'agit d'un faux et il affirme aussi que la seule aide qu'il apporte aux Syriens est d'ordre humanitaire.

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