Une nouvelle loi affaiblit les syndicats au Michigan

Le reportage de Joyce Napier

C'est un coup dur pour les syndicats de l'État du Michigan, berceau de l'industrie automobile américaine.

Une nouvelle loi votée mardi par la Chambre des représentants de l'État et promulguée le jour même par le gouverneur Rick Snyder dispense les ouvriers d'une entreprise publique ou privée de l'obligation de payer les cotisations syndicales. Ainsi, seuls les membres syndiqués devront s'acquitter des cotisations.

La semaine dernière, le Sénat du Michigan avait voté en faveur du texte. Les deux chambres du Michigan sont dominées par les républicains.

Le Michigan est le 24e État à voter cette loi appelée « Right to work » (droit au travail).

Des milliers de personnes ont manifesté devant le Congrès du Michigan à Lansing, capitale de l'État. La police, qui a utilisé des bombes lacrymogènes, a arrêté au moins deux personnes après des échauffourées.

Les syndicats estiment qu'en ces temps de crise, la loi poussera les travailleurs à ne pas rejoindre les syndicats pour économiser de l'argent.

« Il va y avoir du sang, il va y avoir des répercussions. » — Douglas Geiss, un élu démocrate

Le gouverneur Rick Snyder assure que cette loi est nécessaire pour « maintenir notre avantage compétitif » et attirer de nouveaux emplois, surtout après que l'Indiana voisin est devenu cette année le 23e État sur 50 à promulguer une telle loi.

Le président Barack Obama a condamné cette nouvelle loi. « Vous savez, ces lois sur le soi-disant "droit au travail", elles n'ont rien à voir avec l'économie. Elles ont tout à voir avec la politique », a déclaré le président américain.

Les syndicats restent puissants sur le plan économique et politique aux États-Unis, même si les adhésions sont tombées de 20,1 % des travailleurs en 1983 à 11,8 % en 2011.

Les opposants à cette loi ont promis de la contester en justice ou de la faire annuler par voie de référendum. Ils pourraient également chercher à réclamer des procédures de « recall », de nouvelles élections, à l'encontre des législateurs ayant soutenu le projet.