Condamnations en rafale après la démission forcée du premier ministre malien

Radio-Canada avec Agence France-Presse
Le compte rendu de Sophie Langlois

Le Conseil de sécurité des Nations unies, la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), les États-Unis et la France ont vivement condamné mardi la démission forcée du premier ministre malien Cheick Modibo Diarra.

L'ONU, dont le secrétaire général s'est déclaré « troublé » par le coup de force au Mali, a lancé un nouvel appel « à la fin de l'ingérence des militaires dans la politique ».

C'est avec les mêmes termes que les États-Unis ont fait part de leur condamnation. La porte-parole du département d'État, Victoria Nuland, a dénoncé un « recul » pour la transition démocratique.

La CEDEAO, qui condamne aussi les agissements des militaires, réclame la mise en place d'un gouvernement représentatif et inclusif.

Démission précipitée

Plus tôt mardi, le premier ministre du Mali, Cheick Modibo Diarra, avait annoncé sa démission quelques heures après avoir été arrêté par une vingtaine de militaires sur ordre du capitaine Amadou Haya Sanogo, chef de l'ex-junte qui avait renversé le président Amadou Toumani Touré en mars.

Il s'apprêtait à quitter le pays pour se rendre en France, selon Bakary Mariko, porte-parole des militaires qui ont participé au putsch fomenté par le capitaine Amadou Haya Sanogo. « Il ne travaillait plus dans l'intérêt du pays », a-t-il affirmé.

Pour le capitaine Sanogo, Cheick Modibo Diarra était un « point de blocage », qui n'avait « aucun égard pour le peuple ».

L'ex-chef du gouvernement est en résidence surveillée à son domicile à Bamako, selon sa famille.

Le président malien par intérim, Dioncounda Traoré, n'a pas tardé à nommer le successeur de Cheick Modibo Diarra. C'est maintenant à Django Cissoko que revient la tâche de diriger l'exécutif, selon un décret lu par la télévision publique malienne ORTM.

Cheick Modibo Diarra s'est prononcé à plusieurs reprises en faveur de l'intervention d'une force internationale dans le nord du Mali, une région aux mains des islamistes.

Ses relations avec l'armée se sont dégradées, particulièrement avec le capitaine Sanogo, opposé à cette option défendue par la France.

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