Le monde arabe en mutation

Égypte: référendum le 15 décembre sur une Constitution contestée

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Le récit de Luc Lapierre

En Égypte, le projet de Constitution sera soumis au référendum le 15 décembre prochain, a annoncé le président Mohamed Morsi. Cette nouvelle Constitution doit parachever la transition, 21 mois après la chute d'Hosni Moubarak.

Mais les circonstances de sa rédaction et de son adoption par une Assemblée constituante, dominée par les islamistes, de même que le décret présidentiel élargissant les pouvoirs du chef de l'État, divisent la population.

L'opposition laïque estime que cette Constitution ne protège pas les libertés fondamentales.

Samedi, le président Morsi a appelé à l'ouverture « d'un dialogue national sérieux sur les inquiétudes de la nation, en toute honnêteté et impartialité, pour mettre fin aussi vite que possible à la période de transition et d'une manière qui garantisse la démocratie récemment créée », a-t-il dit.

Une constitution d'inquiétudes

La Constitution maintient les principes de la loi islamique, qui devra être interprétée selon la doctrine sunnite. L'opposition y voit une façon plus rigoriste de traduire la charia. Le projet accorde également à l'État un rôle de « protection de la moralité » et interdit « l'insulte des personnes humaines » et des « prophètes »,.

Le texte stipule également que le chef de l'État ne peut effectuer plus de deux mandats, de quatre ans chacun.

Prière devant l'Université du Caire lors de la manifestation appuyant le président Morsi. Prière devant l'Université du Caire lors de la manifestation appuyant le président Morsi.  Photo :  AFP/KHALED DESOUKI

L'opposition continue de manifester

La plupart des délégués non islamistes siégeant à l'Assemblée constituante se sont retirés de cette instance tandis que des manifestations quotidiennes reprenaient au Caire et dans d'autres villes d'Égypte.

Samedi soir, après l'annonce de M. Morsi et tandis que les islamistes manifestaient à leur tour au Caire en soutien au président, Mohamed ElBaradeï, une des personnalités de l'opposition égyptienne, a déclaré que la lutte allait continuer.

Ce projet de constitution, a-t-il ajouté sur son compte Twitter, « sape les libertés fondamentales et viole les valeurs universelles. »

Des centaines de milliers de personnes ont manifesté à deux reprises cette semaine contre le projet. Vendredi, les manifestants ont convergé place Tahrir, alors que d'autres rassemblements ont eu lieu dans de nombreuses autres villes, notamment à Alexandrie, où des heurts ont opposé les deux camps.

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