Israël approuve 3000 habitations de plus en Cisjordanie

Radio-Canada avec Haaretz, Agence France-Presse et Reuters
Construction de nouveaux logements à Jérusalem-Est par Israël Construction de nouveaux logements à Jérusalem-Est par Israël. (archives)  Photo :  AFP/Menahem Kahana

Au lendemain de l'accession des Palestiniens au statut d'État observateur à l'ONU, le gouvernement israélien autorise la construction de 3000 nouvelles habitations à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.

Selon le site Ynet News, cité par l'agence Reuters, ce projet immobilier a été autorisé jeudi par les neuf membres du cabinet de sécurité du premier ministre Benyamin Nétanyahou.

Ce conseil restreint de ministres se réunit régulièrement pour décider de politiques qui sont ensuite soumises à l'approbation officielle du gouvernement israélien.

Selon le quotidien israélien Haaretz, ces 3000 nouvelles maisons sur un territoire chaudement disputé aux Palestiniens font partie d'une « vague de constructions » prévues par Israël, qui revendique Jérusalem comme sa capitale, ce que refusent catégoriquement les Palestiniens, qui habitent majoritairement la partie est de la ville.

Le prix d'une victoire palestinienne aux Nations unies

L'annonce de cette « vague de constructions » dans un territoire aussi sensible pourrait être interprété comme une forme de représailles du gouvernement israélien envers les Palestiniens, qui ont remporté une importante victoire jeudi sur la scène diplomatique internationale.

Citant un haut responsable politique israélien, un journaliste du quotidien Haaretz a écrit sur son compte Twitter que « Nétanyahou a décidé de construire 3000 nouveaux logements à Jérusalem-Est et dans des colonies de Cisjordanie en réponse à la démarche palestinienne à l'ONU ».

« Malgré les gages qu'il a donnés au président Obama, le premier ministre Benyamin Nétanyahou a donné l'ordre de continuer les constructions dans la zone E1 entre Maalé Adoumim et Jérusalem, ce qui va isoler la partie nord de la Cisjordanie de sa région méridionale », poursuit le correspondant diplomatique du quotidien Haaretz.

Le gouvernement d'Israël avait pourtant déclaré à la suite du vote à l'ONU qu'il n'y aurait pas de représailles ni de mesures de rétorsion contre le peuple palestinien.

Selon le négociateur palestinien Saeb Erekat, interrogé par Reuters, ces nouveaux projets de construction illustrent une volonté de « détruire » toute éventualité d'une solution à deux États.

« Alors que les Palestiniens font tout ce qui est possible pour maintenir l'idée d'une solution à deux États, y compris le vote hier aux Nations unies, le gouvernement israélien fait tout ce qui est possible pour la détruire », a déclaré M. Erekat.

L'expansion israélienne dans les quartiers et territoires palestiniens, tout comme la victoire remportée jeudi à l'ONU par Ramallah, risque de paralyser encore un bon moment la reprise des pourparlers de paix entre Israéliens et Palestiniens.

Washington condamne la colonisation

La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a condamné vendredi soir le projet israélien de construction de logements dans les colonies.

« Laissez-moi répéter que cette administration - comme les administrations précédentes - a dit très clairement à Israël que ces activités [d'extension des colonies] faisaient reculer la cause d'une paix négociée » entre Israël et les Palestiniens, a déclaré Mme Clinton lors d'une conférence à Washington en présence de ministres israéliens.

Les discussions entre Israël et l'Autorité palestinienne autour d'un processus de paix supervisées par les États-Unis ont rapidement avorté en 2010, en raison de la reprise des constructions israéliennes dans les colonies de peuplement de Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Correspondants à l'étranger

Tous les correspondants

Facebook