Le monde arabe en mutation

Syrie : le médiateur présentera son plan de sortie de crise jeudi à l'ONU

Radio-Canada avec Le Fifaro et Al-Jazira
Lakhdar Brahimi lors de son point de presse dans la capitale libanaise Lakhdar Brahimi lors d'un point de presse dans la capitale libanaise  Photo :  AFP/DALATI & NOHRA

Le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, présentera jeudi au Conseil de sécurité de l'ONU son plan de sortie de crise.

M. Brahimi propose la mise en place d'un « gouvernement de transition nationale » qui dirigera le pays jusqu'aux élections de 2014 (présidentielles, législatives et municipales). Ces élections se tiendraient sous la supervision des Nations unies.

Selon le quotidien français Le Figaro, qui a pris connaissance du document, ce gouvernement serait bicéphale. Il comprendrait des membres de l'opposition et des membres du régime qui ne sont pas impliqués dans la répression.

Pour ce qui est du président Bachar Al-Assad, celui-ci achèverait son mandat, mais il n'aurait pas grand pouvoir. C'est le gouvernement de transition qui exercerait « les pouvoirs exécutifs ».

Cependant, M. Brahimi ne donne pas de précisions sur ce que prévoit son plan pour l'avenir politique de Bachar Al-Assad. Aurait-il la possibilité de se présenter à l'élection présidentielle de 2014? Le mystère est entier.

Mais si l'on tient compte des propos du président syrien au général Robert Mood, tels que rapportés par cet ancien représentant des Nations unies à Damas, il serait prêt à quitter le pouvoir « à condition de ne pas laisser la Syrie dans le chaos ».

Si on ignore pour le moment la position du régime syrien sur le plan, on a un aperçu de la position de l'opposition. La Coalition nationale a exclu la négociation avec le président Assad.

Et si l'Égypte pouvait huiler les rouages

Un collaborateur de M. Brahimi, cité par l'article du Figaro, rapporte que le médiateur tentera de convaincre le président égyptien Mohamed Morsi de persuader les Frères musulmans syriens, qui ont une place importante au sein de la Coalition nationale, d'accepter le plan.

Rappelons que la Coalition nationale syrienne a élu domicile au Caire, la capitale égyptienne.

Le diplomate algérien Lakhdar Brahimi a été nommé voilà trois mois en remplacement de Kofi Annan, qui a décidé de démissionner.

La Coalition prône un autre chemin

Réunis au Caire depuis mercredi, les soixante membres de la Coalition syrienne tentent de former un gouvernement de transition, qui représente pour eux une étape « nécessaire ».

Selon Souheir Al-Atassi, vice-présidente de la Coalition, le but est de nommer un premier ministre, ou du moins d'établir une liste de candidats à ce poste avant la réunion des « Amis de la Syrie ».

Plusieurs noms circulent déjà, dont celui d'un ancien ministre de Hafed Al-Assad, père de l'actuel président, qui vit en exil au Koweït.

L'autre objectif de la réunion est la formation de comités pour administrer l'aide aux Syriens et gérer les contacts avec les combattants en Syrie. Cette opération fait l'objet d'une lutte entre les islamistes et les laïcs de la Coalition.

Lire notre page sur l'opposition syrienne

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