Statut d'État observateur à l'ONU : les Palestiniens sont optimistes

Radio-Canada avec Agence France-Presse
La délégation palestinienne à l'ONU apporte symboliquement un siège à leur rencontre avec le président de l'Assemblée générale de l'ONU. La délégation palestinienne à l'ONU apporte symboliquement un siège à leur rencontre avec le président de l'Assemblée générale de l'ONU.  Photo :  AFP/STAN HONDA

La délégation palestinienne a récolté de nouveaux appuis la veille du vote sur le statut d'État observateur à l'ONU.

Après la France, l'Espagne, la Suisse et le Danemark ont indiqué qu'ils soutiendront la résolution demandant l'accession des Territoires palestiniens à ce statut, qui sera soumise à l'Assemblée générale.

Les Palestiniens doivent recueillir l'assentiment d'une majorité simple des 193 membres de l'Assemblée générale de l'ONU.

« Nous aurons une vaste majorité, de plus des deux tiers » des 193 membres de l'Assemblée générale de l'ONU, qui voteront vraisemblablement en faveur de la résolution, a déclaré Hanane Achraoui, membre de l'OLP.

« Le projet de résolution sera présenté au nom de 60 États membres, pas seulement la Palestine », a précisé le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad al-Malki, estimant que le nombre d'États coparrainant le texte atteindrait une centaine jeudi.

Une visite à Berne du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a fait pencher la balance en faveur des Palestiniens. La Confédération helvétique hésitait jusque-là entre un vote favorable et une abstention. « Un changement de statut pour la Palestine permettra de revitaliser le concept de la solution à deux États, en mettant sur un pied d'égalité Israël et la Palestine dans la perspective des négociations de paix », a indiqué le gouvernement helvétique par voie de communiqué.

Copenhague abonde dans le même sens. Le ministre des Affaires étrangères, Villy Sovndal, a déclaré que le Danemark voterait « oui ». « Il s'agit d'un texte modéré qui met clairement en lumière la nécessité de pourparlers de paix et de négociations pour une solution à deux États », a déclaré M. Sovndal.

La Lituanie a, quant à elle, annoncé qu'elle s'abstiendrait faute d'une position commune de l'Union européenne (UE).

Les États-Unis et le Canada contre

Pour leur part, les États-Unis ont réaffirmé qu'ils voteraient contre un statut d'État observateur pour la Palestine aux Nations unies. Washington estime qu'un État palestinien ne peut résulter que de négociations directes entre Palestiniens et Israéliens, mais celles-ci sont dans l'impasse depuis deux ans.

Mahmoud Abbas a rencontré mercredi à New York le secrétaire d'État adjoint américain William Burns et l'envoyé spécial pour le Proche-Orient David Hale.

De son côté, le Canada a la même position que les États-Unis. Le premier ministre Stephen Harper a annoncé mardi que son gouvernement voterait contre un statut d'État observateur.

« Nous favorisons au Moyen-Orient une solution à deux États », a indiqué M. Harper, soulignant qu'« une manière de la réaliser est par le retour de l'Autorité palestinienne à la table de négociations pour vraiment atteindre une résolution complète avec Israël ».

Par ailleurs, l'Allemagne a indiqué qu'elle se rangeait du côté des États-Unis et d'Israël dans le camp de ceux qui voteront contre la résolution.

L'os de la CPI

De son côté, le Royaume-Uni, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, William Hague, exige que les Palestiniens ne poursuivent pas Israël devant la Cour pénale internationale (CPI). Cette exigence du Royaume-Uni s'inscrit dans la liste des pressions internationales auxquelles sont soumis les Palestiniens dans le cadre de la présentation de leur résolution.

Le statut d'État observateur non membre, que demande l'Autorité palestinienne, donne accès à la Cour pénale internationale.

Les responsables palestiniens résistent à ces pressions internationales les enjoignant à renoncer à leur droit d'utiliser les juridictions internationales contre l'État d'Israël. M. Al-Malki, a confirmé qu'« aucun article nouveau n'avait été ajouté [au texte final] malgré les pressions en ce sens de certains États ».

« Certains États sont très inquiets de notre possible recours à la CPI et nous ont donc pressés de nous engager à ne pas emprunter une telle voie, mais nous avons refusé », a déclaré M. Al-Malki à la radio officielle Voix de la Palestine.

M. Al-Malki a ajouté que les demandes de limiter les recours aux instances internationales aux actes postérieurs au nouveau statut de l'Autorité palestinienne avaient également été rejetées.

« Si Israël n'est pas coupable de crimes de guerre ni de crimes contre l'humanité, il n'a aucune raison de redouter la CPI [Cour pénale internationale] ou la CIJ [Cour internationale de justice]. » — Hanane Achraoui, membre de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP)

« Le fait d'être un État est très important pour nous et constitue un tournant et une occasion historiques pour que le monde commence à réparer une grave injustice subie par les Palestiniens avec la création de l'État d'Israël en 1948 », a expliqué Mme Achraoui.

Les Palestiniens sont depuis 1974 une « entité » observatrice à l'ONU. Ils demandent maintenant à devenir un État observateur non membre à l'instar du Vatican.

Lire notre nouvelle précédente Abbas retourne à l'ONU

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