Syrie : les affrontements font 90 morts

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Le reportage de Luc Chartrand

L'aviation syrienne a bombardé mardi plusieurs villes de l'est et du nord de la Syrie, tandis que des combats faisaient rage dans un faubourg de Damas, rapporte l'opposition.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé à Londres, 90 personnes sont mortes au cours de la journée.

Au moins une vingtaine de Syriens ont péri et une cinquantaine ont été blessées mardi lors de bombardements de l'aviation syrienne sur la ville de Idlib, dans le nord-ouest du pays.

Selon l'agence Reuters, le raid visait vraisemblablement une usine de fabrication d'huile d'olive. La majeure partie des victimes sont des civils. Au moins deux bombes de forte puissance se sont abattues sur l'usine, selon des habitants de la région.

Des raids aériens ont aussi été menés mardi sur la ville de Maaret al-Noomane, sur la route entre Damas et Alep, la deuxième ville en importance du pays, qui est le théâtre d'intenses combats entre le régime Al-Assad et les insurgés.

Les villes du nord de la Syrie sont régulièrement la cible de raids et de bombardements de l'aviation gouvernementale syrienne pour affaiblir les forces rebelles qui tentent de renverser le gouvernement de Bachar Al-Assad depuis maintenant vingt mois.

Un hélicoptère de l'armée abattu

Selon une vidéo diffusée sur YouTube par les insurgés, un hélicoptère de l'armée a été abattu par un missile tiré par des combattants de l'Armée syrienne libre (ASL) près de la base militaire de Cheikh Souleïmane, à 30 km au nord-ouest d'Alep.

Selon l'OSDH, il s'agit de la première fois que les rebelles abattent un hélicoptère, ce qui aurait été rendu possible après la livraison récente de dizaines de missiles de ce genre.

Si cette information est exacte, l'opposition aurait une nouvelle arme de taille face à la suprématie aérienne des troupes du régime de Bachar Al-Assad.

Londres veut un examen trimestriel de l'embargo militaire

Sur le front diplomatique, le Royaume-Uni souhaite que l'Union européenne revoie tous les trois mois, et non une fois par an, son embargo sur les armes à destination de la Syrie afin de faciliter, le cas échéant, l'armement de l'opposition au régime du président Bachar Al Assad, a appris l'agence Reuters de source diplomatique à Bruxelles.

Cette proposition, suggérée par le premier ministre David Cameron - et que la France appuie - marque ainsi un durcissement de la position britannique en faveur de l'opposition syrienne.

Londres a déjà reconnu la nouvelle coalition nationale de l'opposition comme seule représentante légitime du peuple syrien.

Usage de bombes à sous-munitions

Une bombe à sous-munitions filmée sur les lieux d'un bombardement de l'aviation syrienne. Une bombe à sous-munitions filmée sur les lieux d'un bombardement de l'aviation syrienne.

Bien que l'on ignore pour l'instant le type de bombes larguées sur cette usine d'Idlib, l'organisme Human Rights Watch a demandé mardi au régime de Bachar Al-Assad de cesser d'utiliser des bombes à sous-munitions, c'est-à-dire des engins qui dispersent un grand nombre de petites bombes sur les zones où elles sont larguées.

Cette arme est bannie par une majorité de pays dans le monde puisqu'elle est souvent responsable de la mort de nombreux civils.

Guerre de positions autour de Damas

Pendant ce temps, les hostilités se sont poursuivies dans plusieurs villes du pays, notamment au sud de la capitale, Damas, où les forces gouvernementales tentent de contenir les forces rebelles.

Mardi matin, au moins deux soldats ont été tués lors d'une attaque à la voiture piégée menée contre un barrage routier de la police militaire syrienne à Jdeidet Artouz.

Ces nouveaux heurts surviennent alors que l'armée syrienne tente d'occuper de vastes vergers entre Kafar Sousse et Daraya, qui servent de plateforme aux forces rebelles qui combattent depuis l'été dans le sud de Damas.

Des combats ont aussi été rapportés mardi à Mouadamiya al-Cham et Daraya, au sud-ouest de la capitale, des villes toujours sous contrôle des forces rebelles.

La Syrie demeure plongée dans une guerre civile déclenchée en mars 2011 par une révolte populaire contre le régime du président Bachar Al-Assad. Plus de 40 000 personnes ont été tuées jusqu'ici dans ce conflit, selon une ONG syrienne.

En complément

Correspondants à l'étranger

Tous les correspondants

Info en continu Afficher le fil complet

Facebook