Le cessez-le-feu fait taire les armes à Gaza

Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Attentat à Tel-Aviv

Les raids israéliens sur Gaza se sont poursuivis mercredi après l'attentat à la bombe dans un autobus de Tel-Aviv, et ce, jusqu'à quelques minutes avant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.

L'envoyé spécial de Radio-Canada à Gaza, Jean-François Bélanger, a indiqué que les missiles frappaient encore peu de temps avant le début officiel de la trêve. Des rafales d'armes automatiques ont déchiré le silence de la trêve, mais ces tirs étaient des célébrations du cessez-le-feu, rapporte Jean-François Bélanger.

Avant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, les frappes de l'aviation israélienne ont notamment ciblé l'immeuble abritant le bureau de l'Agence France-Presse (AFP), qui avait déjà été touché par un bombardement mardi soir.

Le bilan des raids de mercredi s'établit à 17 morts.

Pendant que les Palestiniens tentaient de se mettre à l'abri, la violence a également frappé en territoire israélien. Un attentat a frappé Tel-Aviv mercredi matin. Une vingtaine de personnes ont été blessées, dont trois gravement, dans l'explosion d'un autobus près du ministère israélien de la Défense.

Les militants du Hamas se sont réjouis de l'attaque en tirant des coups de feu en l'air dans la bande de Gaza.

Le porte-parole du Hamas Abou Zuhri a salué l'assaut sans pour autant le revendiquer. « Le Hamas bénit l'attaque à Tel-Aviv et y voit une réponse naturelle aux massacres israéliens [...] à Gaza », a-t-il dit à Reuters. « Les factions palestiniennes auront recours à tous les moyens pour protéger les civils palestiniens en l'absence d'efforts de la communauté internationale pour mettre un terme à l'agression israélienne », a-t-il ajouté.

Une attaque aérienne israélienne sur la ville de Gaza le 21 novembre 2012 Une attaque aérienne israélienne sur la ville de Gaza le 21 novembre 2012  Photo :  PC/Hatem Moussa

La majorité de la population craignait toutefois des représailles de la part d'Israël, selon Jean-François Bélanger.

Une longue nuit

L'armée israélienne affirme avoir visé « plus de 100 sites terroristes » au cours de la nuit de mardi à mercredi dans la bande de Gaza, dont la moitié était des lanceurs souterrains de roquettes, reliant le territoire palestinien et l'Égypte. Ces bombardements ont fait dix morts.

Le Hamas a aussi tiré près d'une vingtaine de roquettes, dont une douzaine ont atteint Israël.

Le bâtiment abritant le bureau de l'AFP à Gaza, bombardé mardi soir, abritait aussi un centre de renseignements militaires du Hamas, selon Israël.

De la fumée émane de Rafah, entre la bande de Gaza et l'Égypte, après les bombardements de l'armée israélienne le 21 novembre 2012. De la fumée émane de Rafah, entre la bande de Gaza et l'Égypte, après les bombardements de l'armée israélienne le 21 novembre 2012.  Photo :  AFP/SAID KHATIB

Le ministère de la Sécurité intérieure, utilisé par le Hamas comme centre des opérations, a également été visé.

L'armée israélienne avait lancé un avertissement la veille en ordonnant aux Gazaouis d'évacuer immédiatement leurs domiciles pour se rendre dans le centre-ville. Les tracts portant cette directive ont été largués par l'aviation israélienne sur plusieurs quartiers de Gaza.

Sur son compte Twitter, le porte-parole de l'armée a aussi averti les « journalistes à Gaza : restez à l'écart des terroristes/infrastructures du Hamas. N'acceptez pas de leur servir de boucliers humains ».

L'armée israélienne a mené plus de 1500 attaques depuis le début de l'opération Pilier de défense, le 14 novembre dernier. Les attaques ont fait au moins 146 morts du côté palestinien, dont 36 enfants, en plus de blesser un millier de personnes.

De leur côté, les islamistes de Gaza ont tiré 1400 roquettes en direction d'Israël, tuant cinq personnes, soit quatre civils et un soldat.

Quelques chiffres sur la bande de Gaza

La bande de Gaza est l'un des territoires au monde où la densité de la population est la plus élevée. Sur une superficie de 360 kilomètres carrés vivent plus de 1,5 million d'habitants, soit plus de 4500 personnes par kilomètre carré.

  • Le taux de chômage est de 34 %
  • 80 % de la population dépend de l'aide alimentaire
  • Un seul camion avec des produits destinés à l'exportation était autorisé à sortir de Gaza en 2011
  • Israël a imposé des restrictions de sorte que 35 % des terres cultivables et 85 % des eaux pour la pêche sont partiellement ou totalement inaccessibles
  • En raison de la surpopulation, 85 % des écoles offrent un « double service » - un le matin, l'autre l'après-midi - aux élèves

Sources : le Bureau pour la coordination des affaires humanitaires dans les territoires palestiniens de l'ONU (rapport de juin 2012)

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