Espionnage : donnez des preuves ou taisez-vous, dit l'ambassadeur chinois

Zhang Junsai, l'ambassadeur chinois à Ottawa lors d'un discours le 1er février 2012. Zhang Junsai, l'ambassadeur chinois à Ottawa lors d'un discours le 1er février 2012.  Photo :  PC/Paul Chiasson

Les entreprises chinoises ne font pas d'espionnage, soutient l'ambassadeur de la Chine à Ottawa, Zhang Junsai, estimant que quiconque affirme le contraire doit fournir des preuves ou se taire.

« Si vous avez des preuves, donnez-les. Sinon, taisez-vous. » — Zhang Junsai, ambassadeur chinois à Ottawa

« Même les États-Unis n'arrivent pas à fournir de preuves », a déclaré le diplomate dans une entrevue exclusive accordée au réseau anglais de Radio-Canada.

L'ambassadeur réagissait à la publication, en octobre, d'un rapport produit par une commission du Congrès américain qui met en garde les Américains contre les risques associés au fait de faire affaire avec deux firmes de télécommunications chinoises. La Commission estime que les autorités de régulation américaines doivent bloquer les éventuels projets de fusion-acquisition de Huawei Technologies et ZTE aux États-Unis.

Une semaine après la publication de ce rapport, le représentant républicain qui préside le comité, Mike Rogers, mettait également le Canada en garde contre cette menace, jugeant son voisin « tout aussi à risque ».

Zhang Junsai a comparé sur les ondes de CBC les allégations d'espionnage à une « mentalité de guerre froide ».

« Nous ne sommes pas ici pour prendre vos ressources. Nous sommes ici pour participer. » — Zhang Junsai, ambassadeur chinois à Ottawa

Chine et Canada : entre réticences et rapprochements

Les déclarations de l'ambassadeur surviennent dans un contexte où le gouvernement canadien doit décider s'il autorise l'acquisition de la firme canadienne Nexen par la compagnie chinoise China National Offshore Oil Corporation (CNOOC).

CNOOC offre 15 milliards de dollars pour Nexen, dont le siège social se trouve à Calgary. Or, bien que la transaction a déjà reçu le feu vert des actionnaires, la loi autorise les autorités canadiennes à examiner et à bloquer tout investissement étranger de plus de 330 millions de dollars canadiens, si elles jugent que la transaction ne répond pas aux meilleurs intérêts du pays.

Faisant preuve de réticence devant cette acquisition, le gouvernement canadien n'en s'est pas moins récemment attaché à la Chine par un accord économique valable pendant 31 ans.

Les deux pays ont signé en septembre un traité sur les investissements étrangers décriés par les partis d'opposition au Parlement. L'accord a pour objectif d'assurer aux investisseurs étrangers qu'ils recevront un traitement aussi favorable que leurs homologues nationaux ou les investisseurs d'autres pays.

Les détracteurs de l'accord craignent qu'il n'avantage surtout les investisseurs chinois et qu'il n'aboutisse à la dilapidation des ressources naturelles canadiennes.

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