Israël intensifie ses raids sur Gaza; l'Égypte évoque une possible trêve

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Jean-François Bélanger est à Jérusalem.

L'armée israélienne a visé samedi quelque 200 cibles palestiniennes dans la bande de Gaza. Quatorze Palestiniens, dont au moins huit membres de groupes armés, ont été tués dans des raids menés dans le cadre de l'opération « Pilier de défense ».

Depuis l'assassinat d'Ahmad Jaabari, chef des opérations militaires du Hamas, mercredi dernier, 47 personnes (44 Palestiniens et 3 Israéliens) ont été tuées dans les violences.

Israël cible les symboles du pouvoir du Hamas à Gaza. Samedi, c'est le quartier général du mouvement qui a été pulvérisé par des tirs aériens.

Une frappe a touché la maison du ministre de l'Intérieur, Ibrahim Salah, dans le camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza. Le quartier général de la police du Hamas, l'Université islamique et le stade Palestine, la principale enceinte sportive de Gaza, ont tous également été endommagés par des tirs.

De son côté, l'armée israélienne a indiqué qu'une autre roquette avait traversé le ciel de Tel-Aviv, samedi, mais que celle-ci a été interceptée par son système de défense aérienne, baptisé Dôme de fer.

Un porte-parole militaire israélien a indiqué que le nombre de tirs en provenance de la bande de Gaza avait diminué de façon substantielle samedi.

Les quatre derniers jours du conflit en photos :

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L'Égypte croit qu'une trêve pourrait être conclue

Pendant que les violences se poursuivent, plusieurs nations tentent de mettre leur poids dans la balance pour empêcher que le conflit ne s'envenime encore plus.

Au Caire, des pourparlers ont eu lieu entre le président égyptien Mohamed Morsi, le premier ministre turc Tayyip Erdogan et le chef de file du Hamas, Khaled Méchaal ainsi que des responsables qataris.

Le président égyptien affirmé que son gouvernement était en contact avec Israël et avec les Palestiniens et qu'une trêve pourrait être rapidement conclue dans le conflit à Gaza.

« Il y a quelques indications sur la possibilité d'un cessez-le-feu bientôt », a déclaré le président égyptien lors d'une conférence de presse avec Recep Tayyip Erdogan, ajoutant toutefois qu'il n'y avait pas encore de « garanties ».

La Ligue arabe a pour sa part décidé d'envoyer une délégation à Gaza d'ici 48 heures.

Pour sa part, le président américain Barack Obama aurait appelé le premier ministre turc en vue de trouver une voie diplomatique à la résolution du conflit.

La Turquie et Israël sont en froid depuis que des commandos israéliens ont tué neuf ressortissants turcs qui tentaient de briser le blocus de Gaza à bord d'un navire turc chargé d'aide humanitaire en mai 2010.Quant à l'Égypte, sa relation avec Israël, scellée par un traité de paix sous le régime d'Hosni Moubarak, semble compromise depuis l'élection, cet été, d'un président islamiste. Mohamed Morsi est issu du mouvement des Frères musulmans, historiquement proche du Hamas.

Le président des États-Unis, Barack Obama, a réitéré son soutien à Israël samedi, déclarant que « les Américains veulent la même chose qu'Israël : la fin des tirs de roquette en provenance de Gaza ».

Les États-Unis considèrent qu'Israël a le droit de prendre ses propres décisions militaires et a le droit de recourir à l'auto-défense. Washington estime en effet qu'Israël se défend de tirs de roquette palestiniens et qu'à ce titre, la mort du chef du Hamas ne constitue pas le déclencheur du conflit.

Quatre jours de frappes

Les affrontements entre le Hamas et Israël s'intensifient chaque jour depuis mercredi, alors que le chef militaire du Hamas, Ahmad Jaabari, a été abattu par l'aviation israélienne. L'organisation islamiste a répondu par de nombreux tirs de roquettes, sur les villes de Jérusalem et Tel-Aviv notamment, démontrant ainsi qu'elle peut frapper sur de longues distances.

L'armée a déclaré samedi que 20 000 réservistes de l'armée avaient rejoint leurs unités dans les dernières heures.

Vendredi, le gouvernement israélien a autorisé la mobilisation de 75 000 réservistes de l'armée, ce qui suggère qu'Israël pourrait envoyer des troupes à l'assaut de la bande de Gaza.

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