Changement de garde en Chine

Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Le vice-président actuel Xi Jinping (gauche) et Li Keqiang (droite) sont nommés au comité permanent du bureau politique du Parti communiste chinois. Le vice-président actuel Xi Jinping (gauche) et Li Keqiang (droite) sont nommés au comité permanent du bureau politique du Parti communiste chinois.  Photo :  AFP/MARK RALSTON

Le Parti communiste chinois a confirmé jeudi la nomination de l'actuel vice-président Xi Jinping au poste de secrétaire général du PCC et a annoncé la composition de la nouvelle équipe appelée à diriger la deuxième économie mondiale.

Le nouveau comité permanent du bureau politique, le premier cercle du pouvoir en Chine, a été réduit de neuf à sept membres. Outre Xi Jinping, il est composé de l'actuel vice-premier ministre Li Keqiang, ainsi que de Zhang Dejiang, Yu Zhengsheng, Liu Yunshan, Wang Qishan et Zhang Gaoli.

Rompant avec la tradition, M. Xi, l'air grave mais souriant, a livré un bref discours sur la scène du Palais du peuple. Après avoir présenté ses collègues, il a admis faire face à d'« énormes responsabilités », tout en reconnaissant que le PCC était confronté à de « graves défis », dont « la corruption, l'éloignement du peuple, le formalisme et le bureaucratisme de certains cadres ».

« Nous devons redoubler d'efforts pour résoudre ces problèmes. Le parti tout entier doit en prendre conscience. Le parti doit s'autoadministrer sans complaisance, s'occuper sérieusement des problèmes les plus manifestes et améliorer son style de travail », a-t-il expliqué.

Xi Jinping, qui accède du même coup à la présidence du Comité militaire central, qui supervise l'Armée de libération du peuple et ses 2,3 millions de membres, a assuré que sa nouvelle équipe se mobilisera pour « assurer une vie meilleure » pour le peuple.

Sa nomination au poste de secrétaire général du PCC fait de Xi Jinping ipso facto le prochain président de la République populaire, une formalité prévue en mars 2013, lors de la réunion annuelle de l'Assemblée nationale populaire (ANP). À 59 ans, Xi Jinping, inconnu du grand public, est vice-président de l'État chinois depuis 2008. Il succèdera ainsi à l'actuel président Hu Jintao.

Xi Jinping (archives) Xi Jinping (archives)  Photo :  AFP/FENG LI

Promu au sein du cercle des plus hauts dirigeants, Li Keqiang se trouve quant à lui en position de devenir en mars le prochain chef du gouvernement de Xi Jinping, en remplacement de Wen Jiabao.

Les quelque 200 membres du comité central, nommés la veille par les 2200 délégués réunis à l'occasion du 18e Congrès du PCC, devait renouveler le bureau politique du parti unique, formé d'environ 25 personnes.

C'est parmi eux qu'a été choisi le cénacle des sept plus hautes personnalités du régime, au sein duquel M. Xi Jinping va devoir s'imposer au cours des cinq années de son premier mandat.

Le numéro un de la Corée du Nord, Kim Jong-un, a tenu à transmettre ses « chaleureuses félicitations » au nouveau secrétaire général du PCC, Xi Jinping, dont le pays est le seul allié de poids du régime nord-coréen.

Le porte-parole adjoint du ministère japonais des Affaires étrangères, Naoko Saiki, dit quant à lui espérer « sincèrement que des relations mutuellement bénéfiques basées sur des intérêts stratégiques communs vont se développer avec la nouvelle direction » chinoise.

Le nouveau chef du PCC devra se pencher sur les demandes des réformistes du parti, qui réclament une réduction des privilèges des entreprises nationales, une aide aux ruraux qui s'installent en ville ou une refonte du système fiscal qui pousse les gouvernements locaux à des expropriations abusives.

De gauche à droite, le président Hu Jintao, l'ex-président Jiang Zemin et le premier ministre Wen Jiabao à la clôture du 18e Congrès du Parti communiste chinois (PCC). De gauche à droite, le président Hu Jintao, l'ex-président Jiang Zemin et le premier ministre Wen Jiabao à la clôture du 18e Congrès du Parti communiste chinois (PCC).  Photo :  AFP/GOH CHAI HIN

Hu Jintao avait d'ailleurs ouvert le congrès du Parti communiste la semaine dernière avec un discours portant sur la nécessité de renforcer la démocratie, d'enrayer la corruption et d'adopter un nouveau modèle de croissance.

« Si nous échouons à traiter cette question correctement, elle pourra s'avérer fatale pour le PCC, et même provoquer son effondrement et la chute de l'État », avait-il prévenu, priant son sucesseur de faire le ménage.

Le porte-parole du Congrès a indiqué que la Chine avait tiré « une grande leçon » du scandale Bo Xilai et fera de la lutte contre la corruption une priorité des réformes à venir.

« Notre pays est une société en mutation, dans laquelle la corruption est fréquente. C'est un problème difficile et qui sera long à régler par le Parti », a-t-il dit, évoquant l'affaire du dirigeant politique Bo Xilai.

La femme de Bo Xilai, Gu Kailai, et l'ancien chef de la police de Chongqing Wang Lijun ont été condamnés pour le meurtre de l'homme d'affaires britannique Neil Heywood, alors que M. Bo était chef du PCC de Chongqing, la mégapole du centre de la Chine.

Comment se choisit le nouveau leader chinois? La course électorale se joue en coulisse en Chine, où le prochain dirigeant est connu depuis longtemps.

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