Attentat à Beyrouth
Photo : STR/AFP
Saad Hariri, l'ancien premier ministre libanais, accuse le président syrien Bachar Al-Assad d'être à l'origine de l'assassinat du général Wissam Al-Hassan, le chef des renseignements de la police, dans un attentat à la voiture piégée vendredi à Beyrouth.
Au moins 8 personnes ont été tuées et 86 blessées, selon le dernier bilan des autorités
Le dirigeant druze Walid Joumblatt a lui aussi accusé « ouvertement Bachar Al-Assad et son régime d'avoir tué Wissam Al-Hassan ».
Damas et le Hezbollah dénoncent
Le ministre syrien de l'Information, Omrane Al-Zohbi, a cependant dénoncé un acte « lâche » et « terroriste ». « Ces attentats terroristes sont injustifiables où qu'ils se produisent », a-t-il ajouté.
Pour sa part, le Hezbollah, allié du régime syrien, a condamné l'attentat, le qualifiant de tentative de déstabilisation.
Le mouvement chiite a dénoncé l'assassinat du général Wissam Al-Hassan comme une « tentative de porter atteinte à la stabilité et à l'unité nationale ».
Par la voix d'Ahmad Hariri, l'opposition libanaise a appelé le gouvernement, où le Hezbollah chiite joue un rôle prédominant, à démissionner.
Plusieurs routes ont été coupées dans des régions libanaises à majorité sunnite par des hommes, dont certains étaient armés.
La route entre Tripoli et la frontière syrienne a été coupée par des manifestants en colère. Trois bombes ont été lancées dans la ville sans faire de blessés. Des échanges de tirs ont éclaté entre les quartiers rivaux sunnites et alaouites de la ville, rapportent des journalistes sur place.
Selon la constitution du Liban, qui est un pays multiconfessionnel, le président doit être chrétien maronite. Le premier ministre doit être musulman sunnite et doit rendre compte à l'Assemblée nationale, présidée par les chiites.
Le chef des renseignements des Forces de sécurité intérieure (FSI), le général Wissam Al-Hassan, était un proche de Saad Hariri. Il était pressenti pour prendre la tête des FSI à la fin de l'année.
Le procureur général de la République, Hatem Madi, a confirmé que l'attentat était dû à une voiture piégée qui a « été projetée à des dizaines de mètres ».
Des enquêteurs ont affirmé à l'AFP que « la charge explosive était de 30 kg ».
L'attentat, le pire à frapper Beyrouth depuis des années, n'a pas été revendiqué.
Il survient à un moment où les affrontements liés à la guerre en Syrie se multiplient au Liban.
Condamnation unanime à l'étranger
Le Conseil de sécurité a « condamné fermement l'attentat terroriste » de vendredi à Beyrouth et a exhorté les Libanais à « préserver l'unité nationale ».
« Je suis atterré et profondément préoccupé par l'attentat à la voiture piégée, qui a été perpétré à Beyrouth aujourd'hui et qui a fait plusieurs victimes parmi les civils », a déclaré le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, dans un communiqué.
Le président français, François Hollande, a appelé les responsables libanais à protéger leur pays de « toutes les tentatives de déstabilisation, d'où qu'elles viennent ».
« Rien ne peut justifier une telle violence », a déclaré la porte-parole du département d'État américain, Victoria Nuland.
« Nous avons dit depuis des semaines et des mois que nous redoutions une montée des tensions, notamment communautaires, au Liban, qui résulterait d'un débordement du conflit en Syrie », a rappelé Mme Nuland. Elle a précisé toutefois qu'elle ne voulait pas « préjuger de rien avant que les autorités libanaises ne déterminent qui sont les responsables » de l'attentat.
L'attentat a eu lieu dans le secteur est de la capitale.