Bosnie : Karadzic se présente comme un artisan de la paix

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Les précisions de Frédéric Nicoloff

L'ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, a affirmé mardi devant les juges du Tribunal pénal pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) avoir tout fait pour « éviter la guerre » et qu'il devrait plutôt être récompensé pour ses actions pour la paix.

« Je ne devrais pas être accusé, je devrais être récompensé pour toutes les bonnes actions que j'ai faites. J'ai fait tout ce qui était humainement possible pour éviter la guerre et réduire la souffrance humaine », a-t-il déclaré au début de la présentation de sa défense, à La Haye, aux Pays-Bas.

« J'ai proclamé unilatéralement de nombreux cessez-le-feu et des ordres de cantonnement. Et j'ai arrêté à de nombreuses reprises notre armée quand elle était proche de la victoire », a-t-il aussi dit, ajoutant être un homme « doux, tolérant, avec une grande capacité à comprendre les autres ».

Karadzic, 67 ans, est poursuivi pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre commis pendant la guerre de Bosnie, entre 1992 et 1995, à la suite de l'éclatement de l'ancienne Yougoslavie. Quelque 100 000 personnes sont mortes durant ce conflit.

Il doit notamment répondre du massacre de milliers de musulmans à Srebrenica, en juillet 1995.

Karadzic a répété que les atrocités dont étaient accusés les Serbes étaient « des mensonges, de la propagande et des rumeurs ».

Le procès de Radovan Karadzic, arrêté en juillet 2008 à Belgrade après s'être caché pendant 13 ans, s'est ouvert en octobre 2009. L'accusé plaide non coupable et se défend seul.

Massacre de SrebrenicaLe 11 juillet 1995, quelques mois avant la fin de la guerre interethnique de 1992-1995, les troupes serbes bosniennes avaient pris le contrôle de Srebrenica, une enclave musulmane en Bosnie orientale proclamée en 1993 « zone protégée » de l'Organisation des Nations unies (ONU).

Quelque 8000 musulmans ont alors été capturés et tués par les forces du général Ratko Mladic. Plus de 25 000 personnes avaient réussi à fuir dans les bois, mais plusieurs ont péri dans les embuscades des soldats bosno-serbes déguisés avec des uniformes de l'ONU. Ces massacres sont considérés comme les pires depuis la Seconde Guerre mondiale.

Le journaliste Jean-François Bélanger a fait une série de reportages et un blogue sur la Bosnie en 2010.

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