Abou Hamza et ses compagnons comparaissent devant la justice américaine

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse
L'imam Abou Hamza a brièvement comparu samedi, à New York L'imam Abou Hamza a brièvement comparu samedi, à New York  Photo :  AFP/CHRISTINE CORNELL

Après une saga judiciaire de plusieurs années, l'imam radical Abou Hamza et quatre autres hommes accusés de terrorisme ont comparu samedi aux États-Unis, quelques heures après avoir été extradés du Royaume-Uni.

Abou Hamza est apparu en tenue de prisonnier bleu marine, portant une longue barbe et des cheveux blancs rasés. Il n'a pas dit un mot durant sa comparution devant un juge fédéral à Manhattan, à New York, qui a résumé les 11 chefs d'accusation retenus contre lui aux États-Unis.

L'imam Abou Hamza et ses quatre compagnons, tous soupçonnés de terrorisme, sont arrivés aux États-Unis samedi.

L'acte d'accusation lui sera lu mardi, lors d'une autre comparution, selon les services du procureur à New York.

Deux des quatre hommes extradés avec lui sont Adel Abdul Bary, un Égyptien de 52 ans, et Khaled Al- Fawwaz, Saoudien de 50 ans.

Les deux derniers, Babar Ahmad, 38 ans, et Syed Talha Ahsan, 33 ans, tous deux Britanniques, arrêtés respectivement en 2004 et 2006, relèvent des tribunaux du Connecticut (nord-est), ont comparu samedi matin à New Haven.

Dès son arrivée, Abou Hamza a été conduit dans un centre de détention fédéral proche du tribunal fédéral de Manhattan à New York.

L'extradition des cinq suspects est survenue après la décision de la Haute Cour britannique qui a jugé qu'ils n'avaient plus de recours possibles pour éviter un procès aux États-Unis.

Abou Hamza Al-Masri, Khaled Al-Fawwaz, Babar Ahmad, Adel Abdul Bary et Syed Talha Ahsan ont lutté durant 14 ans contre cette extradition.

Les suspects ont été transférés vendredi de la prison de Long Lartin vers une base aérienne de l'est de l'Angleterre, où deux avions des autorités américaines les attendaient. Le convoi a décollé peu avant minuit, a précisé la police britannique.

Cameron ravi

« Je suis ravi qu'Abou Hamza soit maintenant hors de ce pays », a déclaré le premier ministre britannique, David Cameron.

« Comme tout le monde, j'en ai assez de ces gens qui viennent ici, menacent notre pays, restent aux frais des contribuables sans que l'on puisse s'en débarrasser », a-t-il ajouté. « Je suis ravi que nous ayons réussi à envoyer cette personne dans un pays où il sera traduit en justice » a ajouté le premier ministre.

L'imam Abou Hamza s'adresse à des fidèles devant une mosquée du nord de Londres en 2004. L'imam Abou Hamza s'adresse à des fidèles devant une mosquée du nord de Londres en 2004.  Photo :  AFP/Odd Andersen

Lourdes charges

Abou Hamza est accusé aux États-Unis d'avoir tenté de mettre en place un camp d'entraînement d'Al-Qaïda dans l'Oregon (nord-ouest du pays).

Les autorités américaines l'accusent également d'avoir aidé des islamistes qui ont enlevé 16 touristes étrangers au Yémen, en 1998. Trois touristes britanniques et un Australien avaient été tués lors d'une fusillade entre les forces de sécurité et les ravisseurs.

Il est aussi accusé d'avoir participé à l'organisation de l'entraînement de djihadistes en Afghanistan.

Originaire d'Égypte, Abou Hamza officiait à la mosquée de Finsbury Park à Londres. Il est borgne et muni de crochets à la place des mains, qu'il affirme avoir perdues en combattant les troupes soviétiques en Afghanistan dans les années 1980.

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