Les recherches reprendront lundi matin pour retrouver le cardiologue québécois Dominique Ouimet, disparu dimanche dans une avalanche sur le mont Manaslu, au Népal.
L'avalanche, qui a touché un groupe d'alpinistes dont fait partie le Dr Ouimet, a fait au moins neuf morts et six disparus, selon la police népalaise. Une dizaine de personnes ayant survécu ont été secourues.
Un guide travaillant pour l'organisation responsable de l'expédition et la soeur du cardiologue qui suivait l'expédition, Isabelle Ouimet, ont confirmé que le cardiologue était pour l'instant porté disparu.
En entrevue à RDI, Isabelle Ouimet a affirmé que, au départ, elle ne savait pas que l'équipe de son frère avait été touchée par l'avalanche, plusieurs groupes se trouvant simultanément sur la montagne. « Dans leur équipe, un des guides est décédé et un autre a été emmené à l'hôpital », a-t-elle raconté.
L'avalanche a frappé le campement situé à 7000 mètres alors que les membres du groupe se préparaient pour l'ascension du sommet qui culmine à 8163 mètres.
Selon Mme Ouimet, son frère s'était rendu au camp numéro trois du mont Manaslu, situé à 6800 mètres d'altitude. « Les tentes, semble-t-il, sont disparues parce que l'avalanche y est passée », a-t-elle précisé.
Des recherches difficiles et périlleuses
Bernard Voyer, explorateur et alpiniste depuis plus de 30 ans, croit qu'il est encore possible de retrouver le Dr Ouimet. « On n'a pas de nouvelles, mais il n'a peut-être pas son walkie-talkie ou son téléphone satellite », a-t-il déclaré sur les ondes de RDI.
Les recherches sont présentement suspendues pour la nuit. Des équipes de secouristes doivent toutefois reprendre les recherches et partir du camp 1 à l'aube, a expliqué la soeur du disparu.
M. Voyer a ajouté que les hélicoptères peuvent difficilement se rendre à 7000 mètres d'altitude, ce qui complique les recherches. Les zones d'avalanches peuvent s'étendre sur une largeur allant jusqu'à 400 mètres, a-t-il ajouté, et sont recouvertes de tonnes de neige. Selon lui, ce qui peut être mortel est le souffle de l'avalanche, qui transporte une grande quantité de particules de neige pouvant causer une mort similaire à la noyade.
Le 4e sommet le plus dangereux au monde
L'alpiniste Maxime Jean a expliqué à RDI que le mont Manaslu est le 8e sommet du monde et le 4e en termes de dangerosité, notamment à cause des risques d'avalanche qui y sont très élevés, voire quotidiens.
Même s'il est possible de détecter des signes précurseurs d'une avalanche prochaine - par la température, le degré d'inclinaison de la pente et le type de neige - le Manaslu est situé dans une région plus isolée que l'Everest, poursuit-il. Les secours, qui arrivent à pied, prennent donc beaucoup plus de temps à atteindre la zone de l'avalanche. Les chances de survie deviennent ainsi plus minces, car si l'alpiniste n'est pas blessé, il doit aussi combattre le froid pendant de longues heures, conclut M. Jean.
Des secouristes dans un camp sur le mont Manaslu, au Népal.
Photo : AFP/SIMRIK AIR/HO
Un Canadien parmi les survivants
CBC rapporte que Greg Hill, un Canadien de Revelstoke, en Colombie-Britannique, a survécu à l'avalanche. Il se trouvait au-dessus du campement lorsqu'elle s'est produite et n'a pas été blessé. Il a vu la zone se recouvrir de neige.
D'après Bahadur Kuwar, de la police népalaise, dix personnes ont survécu à l'avalanche. Plusieurs ont été blessées et héliportées vers des hôpitaux.
Il a précisé que les corps d'un guide népalais et d'un ressortissant allemand avaient été retrouvés, et que les pilotes des hélicoptères de secours en avaient repéré sept autres.
Selon un pilote faisant partie des secours, Pasang, trois Français et deux Allemands blessés ont été transportés à Katmandou. Il a ajouté que les secours tentaient également de ramener les corps des victimes au camp de base. Les identités des victimes étaient encore en cours de vérification.