Le Liban, un exemple pour le Moyen-Orient, dit le pape

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Associated Press
Le récit de Marie-Claude Dupont

Arrivé à Beyrouth pour une visite de trois jours au Liban, le pape Benoît XVI a estimé que la cohabitation des différentes communautés religieuses au Liban devrait servir d'exemple au reste de la région.

« L'heureuse convivialité, toute libanaise, doit démontrer à l'ensemble du Moyen-Orient et au reste du monde qu'à l'intérieur d'une nation peut exister la collaboration entre les différentes Églises », a affirmé le souverain pontife lors d'un discours à son arrivée à l'aéroport de Beyrouth.

Le pape Benoît XVI a toutefois tenu à préciser que cette cohabitation religieuse reposait sur un équilibre « délicat ». « Il menace parfois de se rompre lorsqu'il est tendu comme un arc, ou soumis à des pressions qui sont trop souvent partisanes, voire intéressées, contraires et étrangères à l'harmonie et à la douceur libanaises », a-t-il averti.

Avec près de 40 % de chrétiens, des catholiques maronites pour la plupart, sur une population de 4 millions d'habitants, le Liban est le pays de la région ayant, proportionnellement, la plus importante communauté chrétienne. Le reste de la population est majoritairement musulmane, soit chiite ou sunnite.

Liban : un système multiconfessionnelLa Constitution libanaise prévoit un système multiconfessionnel, où tous les sièges du Parlement sont réservés en fonction des confessions et des régions. Le président de la République doit donc être un chrétien maronite, celui du Conseil des ministres un musulman sunnite, et celui de la Chambre des députés un musulman chiite.

Le pape, qui est dans la région pour « porter un message de paix », s'est également prononcé sur divers événements qui secouent les pays arabes depuis les derniers mois. Dans l'avion en route vers le Liban, il a déclaré aux journalistes qui l'accompagnaient que la livraison d'armes à la Syrie, où un conflit armé a causé la mort de plus de 27 000 personnes, constituait « un grave péché ».

Benoît XVI a également critiqué le fondamentalisme, qui est, selon lui, « une falsification de la religion ». « La tâche de l'Église et des religions est de se purifier, a-t-il déclaré. Cette tâche doit rendre clair que chaque homme est une image de Dieu que nous devons respecter dans l'autre ».

Cette visite de Benoît XVI, la troisième d'un pape au Liban, intervient au moment où un film anti-Islam a déclenché des manifestations violentes dans plusieurs capitales du monde musulman.

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